Qi Gong pour les musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens par Thierry Borderie

Thierry borderie est professeur d’arts martiaux et de techniques corporelles au Conservatoire de Bordeaux depuis 1990 .
Pratiquant  les arts martiaux depuis 35 ans ( Kung-fu, Tai chi chuan, Hsing i chuan, Pa ku tsuan, armes traditionnelles chinoises) ainsi que les approches corporelles et « énergétiques » : Qi Qong et Tao yin fa ,  les compétences pédagogiques de Thierry Borderie ne sont pas à démontrer.

Cet article de fond qu’il a écrit pour Médecine des arts®, paru le 17 mars 2010, n’a pas vieilli.
Thierry Borderie s’adresse aux artistes et aux futurs artistes de la scène et du cirque, jeunes virtuoses dans leur domaine dont le corps est à l’épreuve et se soumet à des risques aux usures excessives ainsi qu’à des accidents professionnels.
Il concerne tout autant les artistes dont l’ancienneté accuse souvent des pathologies post-carrières que le Tai Chi Chuan et les Arts Énergiques Chinois peuvent aider à restaurer.
Le corps est à la fois l’outil et le support de leur art. Le dresser à la perfection de sa technicité n’est que le moyen d’espérer se fondre dans un état de grâce vibratoire, partagé avec des complices sur scène , et avec le public.

Une représentation artistique est une cérémonie au même titre que la séance d’un art corporel traditionnel chinois.

Quels sont les bénéfices pour un artiste de pratiquer régulièrement le Qi Gong, les arts martiaux , en plus de son entrainement de haut niveau sportif , corporel et mental ?
Pourquoi le regard du spectateur est attiré par une danseuse plutôt qu’une autre, fondue dans un corps de ballet d’une vingtaine d’artistes sur scène dansant en même temps la même chorégraphie, toutes avec un costume identique ?
La qualité de présence.

Le charisme procure cette sensation indescriptible que l’on éprouve dès que l’on approche ces personnes spacieuses, débordantes d’elles-mêmes, ni en démonstration, ni en paraître. C’est en cela que résident les apports  essentiels des arts traditionnels chinois, de toutes les disciplines que maitrisent Thierry Borderie.
Sa pédagogie est sans folklore ni ésotérisme, ni la promesse alléchante d’une thérapie ou pseudo thérapie.

S’il y a bien des individus sur terre qui explorent le corps pour en dépasser les limites, avec en plus une intention poétique - spirituelle - ce sont bien les artistes. Que cela soit pour guérir leur âme de ses souffrances ou pour exploser et bondir de joie de toute la puissance de leur élan de vie, les artistes développent une sensibilité déjà affutée, dont le piège de l’exhibition provoque l’égo jusqu’à le surdimensionner, si la conscience part à la dérive, déracinée.

La voie du corps spirituel, de sa spiritualisation est ce que proposent les arts traditionnels corporels, en général.
Le cadre symbolique de l’organisation des arts martiaux chinois est la marque d’un rituel prédisposant à son étude approfondie.
Thierry Borderie est un passeur aguerri de ces techniques corps/esprit qui engagent l’être dans sa totalité.   

Cet article n’intéressera pas que les artistes.

La qualité de présence est la résultante de l’harmonie et de la plénitude d’un être qui s’accomplit.
Elle n’est pas un but en soi.
Elle manifeste avec élégance son épaisseur.

Béatrice Reynier


Qi Gong pour les musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens

Qu’est-ce que c’est ?

Le Qi Gong est une pratique qui mobilise le corps, les sens et l’esprit. Les termes peuvent se traduire de diverses manières s’éclairant mutuellement. « Gong » signifie « travail » dans le sens d’une œuvre à accomplir. « Qi » désigne, à la fois, le « souffle », l’ « énergie » et la « vitalité ».

 Quelle est son origine ?

Le Qi Gong trouve son origine dans les antiques voies psychocorporelles de la Chine. 
Son origine est fort ancienne, probablement préhistorique, bien que l’écriture soit apparue très tôt dans l’empire du milieu. Certains écrits, ainsi que des fresques funéraires, attestent de sa présence il y a 25 siècles. On peut raisonnablement avancer que c’est un dans un terreau chamanique que se fonde la genèse du Qi Gong. 
Ces pratiques seront remaniées, influencées, refondues dans les creusets successifs de la vision Taoïste, Confucéenne, Bouddhiste, et plus récemment de la pensée moderne et médicale. (Pour l’anecdote, il existe même des courants musulmans et chrétiens !).

Quels en sont les grands principes ?

Il est assez complexe de parler des objectifs du Qi Gong traditionnel. D’une part car ce dernier se décline en de multiples écoles aux tendances, elles-mêmes, diverses. On peut citer les Qi Gong populaires et familiaux, les Qi Gong énergétiques et « yoguiques », les Qi Gong philosophiques et ritualistes (reliés à des corpus de textes classiques), les Qi Gong mystiques (probable origine du Zen japonais, via le Tchan lui-même imprégné de pensée Bouddhiste)… D’autre part parce que la compréhension des intentions de ces pratiques nécessite une « décentration participante » chère aux ethnologues, sous peine d’être victime de reconstructions mentales quelque peu aberrantes (un « cargo culte » inversé, en somme !). Il est plus simple et plus profitable, dans le cadre de cet article, de parler des principes inhérents aux Qi gong contemporains de tendance médicale et/ou visant au bien-être, au développement personnel. Le Qi Gong actuel, quoique lui aussi faisant flores de tendances multiples, s’articule autour de trois grands principes communs :
- la recherche d’une action cinétique économique et juste ; 

- la mise en jeu d’une unité respiratoire et psychophysiologique du geste ; 

- l’harmonie des rythmes, des proportions et des intentions dans l’exécution des formes et des enchaînements.

Qu’est-ce que l’on ressent lorsqu’on pratique cette technique ?

Le ressenti est la pierre angulaire des Qi Gong, anciens ou contemporains. On pourrait presque dire que la plupart des exercices commencent par être une opportunité à la convocation des sens. C’est une des raisons pour lesquelles la lenteur gestuelle est souvent présente dans les Qi gong pour néophytes. Parfois les Qi Gong proposent une véritable feuille de route, une cartographie préétablie du ressenti, parfois ils invitent à une écoute neutre de ce qui fait écho, dans le corps, aux exercices proposés. 
La recherche d’une aisance est primordiale dans la majorité des Qi Gong actuels. Toute contrainte désagréable prédispose mal la qualité de l’écoute. Les mots de plaisir, d’harmonie, de fluidité et de détente reviennent fréquemment. Une séance de Qi Gong doit paradoxalement donner l’impression d’une détente absente d’engourdissement liée à une sensation tonique d’où est exclue toute excitation. Elle devrait générer un état de présence et d’abandon à la fois. Bien sur, tout dépend de la conduite de la séance, de son intention pédagogique, ainsi que de la nature des participants et de leur niveau d’intégration.

Quels sont les intérêts (les bénéfices), les effets que l’on peut en attendre en général ?

Le principe de base du Qi Gong classique est la mise en phase progressive avec les lois harmonieuses sous-jacentes au fonctionnement du réel telles que les taoïstes les concevaient par analyse, observation, introspection, réalisation intérieure… et transmission de maître à disciple. Pour le corps du pratiquant, le bénéfice premier est donc une aisance vigilante. Les mouvements trouvent le chemin de la justesse, de l’économie et de la coordination à travers des exercices a la fois plein de cohérence et de poésie. La respiration s’unifie harmonieusement au geste, le geste aux intentions, les intentions aux sensations. Les circulations du corps sont régulées, les tissus mieux drainés, nourris, oxygénés. Le corps comprend mieux l’espace, les rythmes, le rapport au sol. Des exercices avec partenaire abordent les notions de temps, d’écoute. Les sens, constamment sollicités, sont peu à peu réinvestis. La pratique en plein air est un appel constant à qualifier la sensorialité grâce à une approche consciente des couleurs, des sons, des textures et des odeurs. Ce n’est pas pour rien que Qi Gong et Zen sont cousins par leur origine. Enfin, si l’enseignant le transmet avec délicatesse et prudence, le Qi Gong peut aussi être l’occasion de faire une plongée anthropologique dans la culture de la Chine ancienne.

 Quels sont les bénéfices pour les artistes, musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens, etc. ?


Les bénéfices, pour les artistes, de la pratique du Qi Gong sont multiples. Ils sont, bien sûr, variables selon les méthodes et pédagogies employées, l’orientation et la sensibilité de l’enseignant et… l’implication de l’élève. Si un des principes du Qi Gong (repris par Jigoro Kano le fondateur du Judo !) est « minimum d’effort en vue d’un résultat maximum », « pas d’effort, effet nul » en est aussi une certitude. Ceci posé, voici quelques pistes de progression que peut retirer l’artiste d’une pratique intelligente et régulière du Qi Gong : 
- Contrôle tonique. 
- Justesse cinétique. 
- Economie du geste. 
- Equilibres posturaux. 
- Coordinations élémentaires. 
- Relâchement musculaire global ou ciblé. 
- Etirements myofasciaux. 
- Levée des restrictions au geste respiratoire. 
- Qualification sensorielle. 
- développement et objectivation de la sensation du corps. 
- Maîtrise croissante de la relation au temps et à l’espace dans les mouvements.

La liste n’est bien sur pas limitative. On peut ajouter que le Qi Gong propose une approche ludique de la dimension corporelle et un langage métaphorique (support traditionnel à l’intégration des exercices…du moins quand il ne verse pas dans le » mystico gélatineux » de mauvais aloi !) assez plaisant pour la sensibilité de bien des artistes. 

A quel âge peut-on commencer cette pratique, jusqu’à quel âge ?

Le Qi Gong peut se pratiquer à tout âge, si l’on fait exception de quelques courants bien particuliers : 
- Les tendances « chorégraphiques » récentes en recherche de prouesses posturales exotiques, pâles imitations de Yoga sans en posséder la science et la prudence. 
- Les Qi Gong d’inspirations martiales, souvent conservés à l’intérieur d’écoles de même nom, qui nécessitent une condition physique préalable ainsi qu’un accompagnement spécifique. 
En fait, si l’ on peut marcher, on est capable de pratiquer le Qi Gong. En Chine, certaines tendances sont même utilisées en gériatrie, avec quelques aménagements. Il est également possible de s’exercer assis, à genoux, couché. Toutes les postures et les mouvements de base de la vie quotidienne sont revisités par un cycle de séances de Qi Gong. 
Par contre, et par expérience, le Qi Gong reste d’un intérêt limité pour les enfants. Le préalable de capacités (et d’envies !) d’intériorisation et de centration minimales est rarement leur tasse de thé… Il serait, d’ailleurs, intéressant de développer des façons de faire plus en rapport avec le jeune âge. Certains enseignants s’y emploient actuellement en France. En Chine, les enfants pratiquent plutôt les différentes formes de Kung Fu Wu shu, éventuellement de Tai Ji quan et ce de manière, jusqu’à très récemment, plaisante et raisonnable.

Quel est le rythme à adopter pour pratiquer le Qi Gong ?

Toute pratique exige régularité et implication afin de donner des fruits. Le Qi Gong ne fait pas exception à la règle. On peut faire un cours isolément et par plaisir, ce n’est pas interdit, mais obtenir un résultat demande plus qu’une simple visite de courtoisie. 
Une séance hebdomadaire nous semble un minimum, à condition qu’elle soit accompagnée par un travail personnel quasi quotidien. Il suffit parfois de quelques minutes dans une journée pour valoriser durablement le travail dirigé d’une séance en club ou atelier. 
De temps en temps, il peut se révéler profitable d’expérimenter un temps d’étude plus long (stage ou autre formule). Certains enchaînements, plus complexes, exigent une charge horaire plus importante. De plus, l’approfondissement de certains exercices nécessite une préparation psycho- physique lente et continue dépassant le cadre temporel habituel. Enfin, il est parfois profitable et agréable de pratiquer en pleine nature, hors du contexte urbain. Tout un courant du Qi Gong « utilise » cette dernière comme support, véhicule et prétexte à exercices sensoriels, relationnels et intentionnels, voire poétiques !

Quels sont les bénéfices sur la santé et le bien-être de la pratique du Qi Gong  ?

Difficile de parler de Qi Gong sans évoquer le domaine de la santé… et se rendre compte illico qu’il est difficile d’en parler ! Le Qi Gong est-il thérapeutique ? En ce cas que soigne-t-il ? Comment soigne-t-il ? Répondre à ces questions déborderait du cadre et des objectifs de ce court état des lieux. Quelques pistes de réflexion, tout de même : 
- La grande majorité des Qi Gong, en France, se présente comme des pratiques de santé, et non comme des actes de soins. Cela évite d’avoir des ennuis avec les différentes instances encadrant le geste médical dans notre pays. Un enseignant n’est pas un thérapeute. Il lui en manque la formation, le diplôme et, normalement, l’intention et la vocation. Le bon sens rejoignant ainsi la législation voudrait que l’éducateur éduque et que le soignant soigne ! 


- Un certain nombre d’études (dont la validité demanderait à être passée au crible, comme devrait l’être tout compte rendu d’expérience !) prétendent avoir établi un lien entre Qi Gong et amélioration, voire guérison, de certaines affections. Face à ces suppositions et affirmations, il convient d’être à la fois critique et ouvert. Un grand nombre de sites, de revues et de livres traitent de ce sujet en donnant une liste plus ou moins longue de maladies traitées ou améliorées par le Qi Gong. Pour le pratiquant, l’essentiel reste encore de ressentir un mieux-être durable suivant l’adage suivant : « Mieux vaut être empiriquement mieux que rationnellement plus mal ! ». 


- Si le professeur de Qi Gong ne devrait pas se présenter en tant que thérapeute, il n’en reste pas moins que l’action ou l’interaction du même nom existe de manière assez imprévisible et ce, même en dehors de toute intention de soins. Dans le cas d’une pratique interactive, il s’agit donc d’un paramètre bien réel, bien que difficile à quantifier et à prévoir. Le rapport enseignant/enseigné est une de ces ruptures de niveaux capables de générer bien des effets surprenants au sein d’une pratique, sans que le « Qi » ait besoin d’être évoqué systématiquement. A moins que le terme de Qi englobe aussi ces circulations de désirs entre rôles, statuts, fonctions et autres projections et transferts ? 
- Paradoxalement, le Qi Gong classique ne se présente pas comme une pratique médicale au sens commun. Cette discipline visait plutôt à réintégrer la personne dans un univers de lois, de sens, de mythes vécus, la resituant ainsi dans un espace et un temps sacré, celui des origines. Dans toutes les sociétés traditionnelles, la vertu thérapeutique par excellence est contenu dans l’évocation orale, imitative, théâtrale, corporelle de l’instant (atemporel) du surgissement des formes, des énergies différenciées ou, plus métaphysiquement, de l’ « être » (plus philosophiquement de l’« étant », plus théologiquement de l’« Etre » !)

Bref, le Qi Gong classique, comme le Yoga (voir Mircéa Eliade qui, malgré ses errements politiques fascisants, n’en reste pas moins un historien des religions à la pensée fertile ayant profondément marqué l’anthropologie) se souciait moins de guérir que de replonger dans ce qui, pour lui, était la source de la vertu (dans le sens d’efficacité), de l’équilibre, de l’harmonie, du sens et donc d’une certaine « vitalité/santé/plénitude/vacuité ». Nous citons, en illustration, le chercheur Coréen Kim Minh Ho (enseignant à l’université de Séoul, mais formé à la fac d’ethnologie de Bordeaux !) : « Nous remarquons que le processus de ces mouvements est similaire à un processus cosmogonique. Un pratiquant qui n’a pas commencé l’exécution d’un exercice ou enchaînement est assimilé à l’état de chaos originel. Pour qu’il soit prêt à cette pratique, il effectue des gestes analogues à la création atemporelle de l’univers. Dans ce sens, il révèle les étapes de mobilisation du « Qi », à travers sa propre personne, telles qu’elles ont préludé à la genèse des formes innombrables dans le temps et l’espace profane ». Evidemment, cette façon de voir les choses est assez différente de notre conception moderne est occidentale du Qi Gong. De la part d’une pratique fort ancienne et fort lointaine, l’étonnant serait qu’il en soit autrement ! 
- Les Qi Gong médicaux associant un diagnostic, une pathologie correspondante et un traitement spécifique peuvent avoir leur valeur, mais sont de facture récente (années 1970 ?). Ils sont nés sous l’influence à la fois de la culture scientifique occidentale et de la restructuration chinoise moderne des théories en acupuncture. N’en déplaise aux Instituts de MTC (médecine traditionnelle chinoise), le Qi Gong ne se résume pas à une de leurs vagues options corporéistes enseignées au lance pierre, à droite au fond du couloir…

 Quelques conseils en vrac avant de choisir votre cours de Qi Gong :

- Le Qi Gong se pratique, avant tout. Ce n’est pas une discipline spéculative, mais opérative. Ceci étant posé, il y a des temps où elle se parle et s’explique. 


- Le Qi Gong se montre, s’explique… et s’illustre. Cela peut se faire par images, métaphores, poésies, anecdotes ou textes classiques. La culture étant, là aussi, toujours au service de la pratique et surtout de la progression de l’élève au sein de celle-ci


- Le Qi Gong se marie mal avec la prétention, l’arrogance, le credo et le prosélytisme de tout poil. Il naît et traverse une culture Taoïste qui se soucie assez peu de formalisme Confucéen (je n’ai pas dit Confucianiste !). Commencer par un discours sur la levée des restrictions et des blocages et continuer par « en rang et je ne veux voir qu’une seule tête » reste suspect Se méfier des discours intolérants et restrictifs. Les pratiques taoïstes, si elles émergent et renvoient constamment aux mêmes principes, ont eu l’art de se décliner en multiples floraisons. 


- Le Qi Gong fait sien la phrase suivante : « l’équilibre c’est avant tout pas de défaut et pas d’excès en évitant les excès de défauts et les défauts d’excès. ». Attention donc aux mouvements hystériques et aux postures obsessionnelles, aux exercices trop rapides et mal maîtrisés, aux enchaînements trop lents et trop contrôlés. 


- Le Qi Gong est issu d’une conception (réalisation ?) où le mouvement et l’« être » s’entremêlent à l’instar du Yin/Yang dont ils sont des avatars. Dans la personne l’« être » se reflète dans la conscience, le mouvement s’exprime par le flux. Toute pratique centrée sur l’immobilité et/ou sans référence à la présence irradiante de soi à soi et de soi aux sens, risque d’être tout autre chose que ce dont nous parlons. 


- Enfin, à travers la rigueur de l’exercice et le rappel constant à la conscience, ce qui est visé est très étrangement la spontanéité naturelle du mouvement, du souffle, dans un jeu entre les formes et les « énergies ». Cet élan est d’ailleurs partagé par bien des disciplines d’inspiration Taoïste, l’une des plus connues étant le fameux tai Ji Quan ! Quelque part le Qi Gong nous amène à réaliser que la créativité est issue d’un travail englobant bien des aspects de notre personne, et que pourtant, seul, ce dernier ne peut être garant du résultat final. 



« L’énergie prend fin lorsque la forme naît, sauf si celle-ci est animée d’un mouvement » 

« Ce qui est fixé meurt, ce qui ne l’est pas se dilue ».


Thierry Borderie
Pour Médecine des arts®, 17 mars 2010 
 - Mise en ligne sur Qi gong TV le 2 Novembre 2016 
© Thierry Borderie

Parcours de Thierry Borderie 

 - Professeur d’arts martiaux et de techniques corporelles au Conservatoire de Bordeaux depuis 1990.
-  Président de L' Académie des Arts martiaux chinois Classiques

- Pratique les arts martiaux depuis 35 ans ( Kung-fu, Tai chi chuan, Hsing i chuan, Pa ku tsuan, armes traditionnelles chinoises) ainsi que les approches corporelles et « énergétiques » :Qi Qong et Tao yin fa.                 

- Diplomé de la Hong Kong chinese Martial  Arts association.
- Diplomé de la Koushu fédération of the républic of China.

- Certifié 4ème degrè par l'académie internationale YSEIDO.
- Ceinture noire 1er Dan jiu jitsu (Tai Ho) UFOLEP. - Diplomé (n°323) de la Fédération Française amateur de Sambo: "Maitrise de défense personnelle".
- Ceinture noire 3ème dang de Viet Vo Dao (style du dragon vert). www.dragonvert.fr/presentation-dragon-vert/CEPAM-Dragon-Vert.html 

- Fondateur de la Convention des Arts Classiques du Tao avec Georges Charles. www.tao-yin.com
- Fondateur du Tai Ji Quan de tendance Wang (validé et reconnu par Mr Georges Charles et les Arts Classique du Tao
- Professeur 8ème Duan de l’école SAN YIN CHUAN

- Diplômé en sciences humaines (Psychologie et Ethnologie)
- Formation Psychanalytique
- Formé (et intervenant) à l’institut de Médecine des arts. www.medecine-des-arts.com
- Pratiquant en MBSR et intervenant au sein du centre Euthymia  www.euthymia.fr

 Bibliographie , lien

- Traité d’énergie vitale, Qi gong et Taoïsme - ed. Encre de Georges Charles. 

- Les exercices de santé du Kung Fu »- ed. Albin Michel de Georges Charles. 

- Le Qi Gong du musicien » ed. Alexitère de Reine Brigitte Sulem 

- Le taoïsme vivant » ed. Albin Michel de John Blofeld. Un regard très juste sur l’univers Taoïste de l’entre 2 guerres en Chine continentale.
-  tao-yin.com,  un site colossal sur le Qi Gong, le Tao Yin, les arts martiaux, les pratiques internes et la culture taoïste. On peut y trouver également des adresses de clubs, d’enseignants, des références biblio graphiques, des articles…

Contacter Thierry Borderie

Site Académie des Arts Martiaux Chinois Claissiques
aamcc7.wixsite.com/aamcc

Facebook - Groupe Académie des Arts Martiaux Chinois Claissiques
facebook.com/groups/

Email : artaothierry@yahoo.fr

Tél - 06 68 20 69 82





 

 

 

Xi XI Hu, quésaco ? par Béatrice Reynier



Entretien avec Maître Liu Gong, réalisé par un pas pour la santé*

« Créé en Chine par Guo Lin, la série des 5 marches Xi Xi Hu stimulel 'immunité, est préventive de beaucoup de maladies et constitue un soutien contre le cancer et les effets secondaires de son traitement. Pionnière dans le domaine, Guo Lin crée le Qi Gong des marches rapides. Ces marches pratiquées en pleine conscience apportent une grande force psychique et physique. augmente l’immunité chez le patients , principalement par la suroxygénation des cellules qui s'accompagne d'une déconnexion maitrisée des facteurs de tensions et de stress »  rapporte Bruno Burdet-Burdillon*, Président de l’Association Ling Gui, porteuse du projet pédagogique de Maître Liu Dong, médecin/chercheur dispensant un Qi Gong thérapeutique, dont Xi Xi Hu

Comment aller bien dans une société qui est malade dont nous sommes responsables et dépendants ?
Alors que la société contemporaine incite de plus en plus ses membres à s’occuper de leur santé globale ( campagnes anti et de prévention tabac, cancer, alcool, campagnes d’information alimentation, activité physique , pour promouvoir des vaccins et de préventions de pandémies, SIDA…des maladies cardio-vasculaires , des carences alimentaires, Bruno Burdet-Burdillon questionne le monde de la santé et ceux qui y contribuent -  comme entre autres les enseignants de Qi Gong - en se demandant s’il faudrait «  une mutualisation des moyens et ressources humaines en intra et en extra des fédérations , avec d'autres partenaires ? », afin de faire profiter des bienfaits du Qi Gong , d'autant quand ils ont des visées médicales, para-médicales précises.


Philippe Renou* y répond  à sa façon en initiant un site fédérateur «  un pas pour la santé * » qui promeut Xi Xi Hu avec l’enthousiasme d'un messager apportant une bonne nouvelle, validée par des médecins, des pairs de tout ordre, des scientifiques afin de convaincre le grand public des bienfaits thérapeutiques du Qi Gong sur l’organisme, de l’être humain dans sa globalité.

Notre société matérialiste ne sait pas raisonner autrement qu’avec une pensée rationnelle et logicielisée dans un abîme de compartiments inaccessibles du commun des mortels en quête de réponses depuis la nuit des temps sur les mystères de la vie et de la mort, et sur comment respirer harmonieusement depuis la première inspiration jusqu’à la dernière expiration. Le pont entre les connaissances empiriques ancestrales et les sciences contempraines devient une évidence. Pourquoi l'éviter en feignant , en ricanant, en toussotant, en polémiquant ...encore en 2015 ? De quoi les sceptiques, les carthésiens ont-ils peurs qu'ils soient érudits ou pas ? De quoi pourraient-ils douter qui empêche leur curiosité innée à accueillir, à se glisser dans cette réalité ? Jutse pour voir ce qu'il se passe , aujourd'hui , dans l'avant-garde de l'humanité en mache pour l'humanité de l'homo sapiens sapiens ? 
Ce clivage n'est-il pas  un symptôme majeur des dégats créés par la séparation du corps et du mental /esprit/intelligence? 

C’est hâpée dans cette énergie positive inspirante, que Béatrice Reynier a éprouvé  l’envie de contribuer à l’édifice de Maître Liu Dong .
C’est un témoignage de pratiquante, d’enseignante, de femme de 58 ans habitant dans un corps marqué par le temps,  au calme , dans le silence,  pour s’y baigner et laisser la paix l’étreindre de sa douceur infinie.

Témoignage d’enseignant : Béatrice Reynier

Xi Xi Hu : Une pratique thérapeutique sociale et citoyenne pour

- La santé globale : individuelle et collective
- L'humble humilité
- Une anti-dote aux maladies contemporaines dues aux stress , aux décalages entre notre nature fondamentale et notre personnalité dénaturée , entre notre corps courant derrière notre mental totalement galvanisé par l’énergie de la spirale flateuse de l’égo.

Xi Xi Hu, est une méditation, même si sa forme appartient à celles des gymnastique psycho-coporelles d’origines ancestrales portées par des philosophies de vie respectant et étudiant les lois de nature, afin de demeurer en accord avec elles , et ne pas s’attirer ses foudres.

L’ état d’être que produit cette méthode amène progressivement un sourire intérieur et met en joie chacun et chacune , sans chercher à démontrer quoique cela soit.  La joie saine, qui nourrit l’être à tous ses niveaux ( physiologique, psychologique, mental,  ) est le support de toute guérison, physique et spirituelle. C’est ce que l’on ressent très vite dans sa chair et dans son coeur, en s’y adonnant.

La joie profonde manifeste un certain niveau de sagesse, de recul, d’auto dérision, de détachement, de lâcher prise de l’intérieur vers l’extérieur.
À contrario, la tristesse profonde manifeste un certain niveau d’errance, d’enlisement, d’auto sastifaction, de contrôle de l’extérieur vers l’intérieur.
Question de choix.
Question de conscience.
Question d’envie.
Question de désir.

( C’est pourquoi mes amis pratiquants de tous les qi gong me peinent dès que je les vois, concentrés injustement au point s’accrocher crispé à soi,  le visage terne, triste, fermé. Ce n’est pas parce qu’on fait quelque chose de sérieux et, sérieusement,  que l’on doit se prendre au sérieux. )

Xi XI Hu est un acte de résistance à la maladie, à la sienne et à celles de la société
En reconnaissant que la traversée de ses deserts glacés ne peut se faire plus se faire en solitaire - que ce soit volontairement et involontairement, par faute d’orgueil -  l’homo sapiens sapiens du 3.0 en marche, le souffrant acccepte qu’il puisse avoir besoin d’aide, de demander de l’aide - sans s’agenouiller.
L’humain humain accecpte la main qui se tend et qui s’attrape à la volée, juste en entrant dans cette méditaion dynamique d’une heure,  cadencée par les voix chantant le mantra des 5 saisons , avec juste deux syllables telles les deux cerveaux d’une même tête, telle le symbole du Yin et du Yang, de notre statut de moitié d’une entité en relation avec une autre, tant que la vie est là , entre le son : Xi = inspir et le son Hu = Expir. ( prononcer Rrhou), entre l'infiniment petit de nos cellules en demande et l'infiniment grand du ciel, généreux.

Avec pour precept que tout circule dans l’univers, tout se recycle, dans les échanges grace à la présence et à l’énergie des 10 000 êtres, sans quoi,  aucun homo sapiens sapiens ne survivrait sur cette planète.
( D’après une équipe d’astrophysiciens ,  la Terre serait une “erreur cosmique”. Ce qui pour remettre les pendules à l’heure,  concernant notre grille de lecture du monde et les outils de nos alienations qui se manifestent par des comportements égocentrés, individualistes, préfabriqués dans des archétypes , à garder son territoire comme un capital, à se combattre les uns les autres esclaves d’un désir, oui, mais personnel dans un but personnel jusqu’à devenir autre, dépersonnalisés, desidentités, désincarnés, en tension continue, en autopressurisation, comme si on allait être renvoyé, exclu du système géniteur auquel nous sommes soumis, abbatus.

Dans la négation de la vie, à l’inverse de cette spirale descendante dont les résidus putrides des esprits broyés, empuent les narines des passants dont nous sommes aussi, tentant d’échapper à l’hypnotisation de ventre du vampire, tentant de ne pas me faire dévorer par cette douleur, ce microbe, ce virus, , titubant parfois , prises par des vertiges.
 
j’inspire XI : joyeusement

j’espire Hu…  : sereinement

Xi Xi Hu est un Qi Gong joyeux  - qui met en joie - pour le groupe et pour la survie de l'espèce , un outil retructurant la confiance fondamentale dans la vie, dans l’humanité de l’homme, dans ses capacités à surmonter ses difficultés grace à la force vitale du groupe dont il fait parti, sans avoir à s’en excuser ni à s’en vanter, au même titre que les autres, fourmie parmi les fourmies, dans l’expression profonde de la joie d’être là, simplement ensemble, une joie qui stimule les énergies de tout le corps, qui les invitent à fêter la vie en soi, à célébrer ensemble la vie, au même titre que les membres d’un groupe des peuples premiers qui se rassemblent, à l’occasion de chaque rite de passage, depuis la nuit des temps, pour invoquer le ciel et la terre, les ressentir pétiller ensemble,  comme un grand verre de champagne à trinquer ensemble.

Xi Xi Hu serait-elle  une “ danse traditionnelle chamanique laïque “ , venue depuis la nuit des temps de la Chine ancienne qui remet au diapasion les ondes de chacun en phase avec celles du groupe avec qui l’on vit, sans qui nous ne pouvons survivre ?
Cette pratique collective est comme un rire intérieur collectif qui se propage d’autant plus dans les cellules de chacun que le groupe est important, comme à une séance de yoga du rire. Et pour cause, cela fait appel à la même énergie, à l’énergie du Coeur.

Xi Xi Hu, est une cousine du Yoga du Rire, inventé par un médecin indien le Docteur Kataria *, débouchant sur la méditation du rire, soit de rire sans raison, sans objet de méditation.
Juste être joie.

Pour Xi Xi Hu, c’est le même processus qui se met en place en s’appuyant sur l’énergie du groupe; en s’y sentant bien; en s’appuyant dessus; en prenant son appel dessus pour décoller et rompre avec le mental , source de tous nos maux, l’agent secret traitre de nos émotions , elles-mêmes programmées pour ne pas mourir sous les coups, les chocs, les aggressions, les épuisements. Xi Xi Hu est une série qui stimule le système immunitaire, à tous les niveaux de l’être : en régulant les feux et les gelées des cing mouvements énergétiques, jusqu’au coeur des cellules, jusqu’au coeur du vivant et de son intention  : vivre.   
À sa place. Condition indispensable pour vivre, ensemble.
Parce que tout d’abord on rit de soi, les endorphines sont en fêtes en profondeur, libèrent notre morphine naturelle pour en innonder toutes nos cellules, en les aimant,  sans se prendre au sérieux. On rit de soi. Ça commence là, par une mise à distance de soi, face à soi, à sa maladie, à son corps qui fait mal, à son coeur attaché par des pics émotionnels aux rives entre lesquelles la traservée en équilibriste  devrait être sereine, à des tensions et oppressions réelles et imaginaires,  à des idées conçues et préconçues… à ses prisons qui nouent et empoisonnent le QI, l’énergie, l’élan de vie indispensable , luttant de sa ferveur, de sa fougue printannière contre les obstacles freinant, obstruant, engluant, étouffant, écrasant, immobilisant le désir , ce qui précède la vie, cette intention qui présiderait le désir de vivre..

Car dans la maladie, quand tout est affaiblit, affaissé,  jusqu’à l’envie de s’accrocher vaille-que-vaille, pour ne pas lâcher définitivement, tout l’organisme et donc tout l’être sous l‘emprise de douleurs atroces qui n’en finissent pas, tout ce qu’il reste d’énergie, de Qi de dispoible et mobilisé pour y survivre au prix de grands épuisements pouvant laisser l’être entre deux eaux…seul, déjà plus de la moitié détaché des mouvements, du mouvement… Que faire ? Se laisser aller ? Oui, mais à quoi ?  À la douceur d’une glissage vers la délivrance des souffrances vers un sentiment de paix dont  la clarté apparait de plus en plus que l’être caresse l’infini de sa langue de plus en plus silencieuse, fatiguée, même de parler, de penser.

Sans les autres, sans les stimuli de l’extérieur, sans des personnes bienveillantes, dans la joie de partager ensemble un moment d’hygiène sanitaire, ses valises posées à terre sans avoir à les déballer, avec simplicité, sans se prendre au sérieux, juste pour un nettoyage sur la place du village , comme au “ Lavoir de l’être” (  Laurent Shuh)  - pour donner et recevoir de l’autre, des autres croisés en chemin, harmonisant de fait la communauté des hommes dans le Souffle, en fusion avec le principe fondamental de la vie, en respirant dans chacun de nos cinq organes, matrices de nos émotions de base ( empathie, souci, peur, colère, joie)  en laissant nos 5 cinq organes en cure de thalassothérapie , barboter dans des bains de jouvence et revitaliser la moindre parcelle indispensable au tout, l’homo sapiens sapiens meurt. Toute l’oeuvre de Boris Cyrulnik* en témoigne.

Mon sentiment virevolte dans une danse binaire qui swingue aux rythmes de Xi et de Hu, dans cette énergie positive qui fédère l’humanité de chacun, tandis qu’en Janvier 2015, les peuples de France ont ressenti lors d’un choc émotionnel et spirituel, le besoin et la nécessité de se rassembler, de marcher dignement «  ensemble » , main dans la main , pour se tenir chaud, pour se protéger et vaincre ensemble des peurs , des doutes, embrasser les forces de l’ordre … pour réactiver ensemble la confiance dans le genre humain

J’espère que mon témoignage incitera les uns et les autres à chercher à ressentir Xi Xi Hu, cette pratique atypique, ce qi gong social pour la santé globale de l’individu qui pour moi est la plus sublime de celle que j’ai reçue de Maître Liu Dong.

Post Scriptum. XI XI HU EN VIDÉO avec Jean-Pierre Peyruseigt *
Marche du poumon – Marche de la rate/estomac - Marche du rein - Marche du foie - Marche du cœur.
( Lien à Annexes ci-dessous )

Imaginez ensuite au moins une soixantaine de personnes, de tout âge, les enfants et les vielillards compris,  dans un espace délimité, les rassemblant dans une promiscuité facilitant les échanges d'énergies, dans la joie de regards qui se croisent avec plaisir. Un sentiment qui monte de minute en minute dès qu'il est connecté aux XI et aux Hu 
, dès que que résonne la pulsion de vie de chacun pour tous, sans avoir de chemin tracé à l'avance, marchant entre les  uns et les autres dans le foisonnement de l'abondance des  10 000 êtres flottant dans un bain d'humanité. Quand deux regards se croisent, c'est le ciel qui s'ouvent sur l'infini.


Noter que Maître Liu Dong transmet Xi Xi Hi depuis de nombreuses années. Entre les premiers enseignants qu’il a formé et entre ceux qui sont en formation aujourd’hui, en France et aux États Unis principalement, sur le plan de la forme,  n’ont pas acquis les mêmes gestes, parfois. Maître Liu Dong est un chercheur travaillant dans l’instanté, plongé dans l’instant présent et sa joie. Cette précision, pour vous dire que vous trouverez des vidéos dont les mouvements ne sont pas à l’identique de l’une à l’autre, d’un moment à l’autre de l’exercice.
C’est logique. Il en va ainsi de la méthode de Maître Liu Dong qui ne s’attache pas à la forme, mais au fond, à l’intention seulement. Il n’ y a pas de copié /collé possible, ni de mimétisme pour la perfection d’un geste que l’on nommera paradoxalement  « juste » à contrario d’autres méthodes de Qi Gong toutes aussi vertueuses, ainsi que les méthodes de Tai Chi Chuan , qui ne peuvent faire autrement pour s’accorder, savec le Tai Ji, le mouvement cosmique de notre système solaire, relié à notre poutre maîtresse, notre axe vétertébral, tournant inexorablement comme un Dervish tourneur dont un pied s’appuie sur l’étoile polaire , l’axe de rotation d’un mouvement sans début ni fin, de cycle en cycle, d’année en année, de saison en saison.

2 Juin 2015 ©Béatrice Gromb Reynier

Rédacteur en chef et directeur pédagogique de qigong-tv.com
Formatrice Qi Gong, D.E. J.E.P.S. aec
Contact : contact@qigong-tv.com 


ANNEXES/LIENS

Ecole Ling Gui – Maître Liu Dong

Contact Président Bruno Burdet-Bertillon
http://www.linggui.fr

Ling Gui Blog - Dossier Xi Xi Hu -13 pages et de nombreux liens
http://lingguiblog.tumblr.com 

Site Un pas pour la santé – Philippe Renou
http://www.unpaspourlasante.fr

Xi Xi Hu :Démonstration des 5 marches , par Jean-Pierre Peyruseigt 
http://www.qigong-tv.com/vos-videos-amateurs-professionnelles-qi-gong-124.html


Méthode de Maître Liu Dong-  Extraits d’exercices - Enseignante Béatrice Reynier
http://www.etreenharmonie.com/Qi-Gong-Methodes.htm

Dr Kataria – Yoga du rire
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoga_du_rire



 

 

 

 

Qi Gong en maison d'arrêt par Thierry Julien

L'esprit illimité dans un espace limité...L’art de l’évasion

Une bonne partie de ma vie de jeune vie d’adulte a été bercée par la musique. Avec des amis nous avions monté un groupe rock et participé à la scène rock alternative des années 80.

Au début des années 90 suite à une lecture du Dalaï Lama je changeais complètement de direction. Finit les riffs de guitares électriques. Il était temps de se mettre au vert, de pratiquer la méditation et le yoga. Puis très rapidement je rencontrais le kung fu, le Qi Gong et le Taï chi chuan.

Après pas mal d’années de pratique et de stages, je passais mon premier diplôme de Taï chi en 2003 à la FTCCG et en 2005 le professionnel de Taï chi chuan. 2006 j’obtins le certificat en Qi Gong de L’institut Xin An. Tout en passant mes diplômes et qualifications je donnais des cours sous l’égide de mon professeur.

Un de mes objectifs était de travailler en milieu carcéral. Mon chemin croisa celui d’un professeur de judo qui exerçait à la prison d’Albi dans le Tarn. Grâce à lui je pus  réaliser mon projet. Je rencontrai le directeur du service de probation avec qui nous avons décider de faire un essai sur 3 mois.

Qi Gong en maison d'arrêt par Thierry Julien
Cela fait maintenant 5 ans qu’une fois par semaine je dispense des cours à la prison d’Albi. Je suis seul avec eux pendant 1h30. Je ne connais jamais les motifs de leur incarcération. Ce n’est qu’au détour de conversation que j’apprends leur histoire.

Au départ, je voulais enseigner le Taï Chi Chuan mais je me suis retrouvé très rapidement confronté à une difficulté. En maison d’arrêt, les détenus ne sont là que pour très peu de temps, quelques mois, voire pour les plus anciens deux à trois ans. Donc difficile d’enseigner une forme de Taï Chi, cela est surement possible dans une centrale où les gens restent plusieurs années.

Je décidais d’enseigner le Qi Gong.
On commençait par des auto - massages et la pratique d’un enchainement type les 8 trésors de santé. Après quelques mois d’enseignements je changeais mon approche pour travailler un peu plus sur le stress et les problèmes dos. Aujourd’hui, je mélange le yoga avec le Qi gong et la méthode de libération des cuirasses de Marylise Labonté.

Avec le temps et la fréquentation régulière des détenus à cette séance, j’ai affiné mon approche. Ce programme mis en place est vraiment orienté pour ce type de public. Nous travaillons sur les sensations corporelles  que procure chaque mouvement. Après chaque exercice, nous observons de façon neutre les sensations. Il est important de ne pas juger ce que l’on ressent, sinon on est toujours avec cet aspect du mental qui cherche à s’approprier une expérience.

Si je suis capable d’observer mes zones de tension et de relâchement de façon neutre, je mets en place un observateur qui vit une expérience tout en se détachant de celle-ci. Chaque émotion crée des tensions dans le corps, comme la colère, par exemple. Dans le langage courant, on dit que la colère monte. Si vous arrivez à observer chez vous quand monte cette émotion, vous verrez que les muscles du bas du corps commencent à se crisper, la respiration ventrale est mise à mal et tout ce qui favorise la détente du corps et de l’esprit commence à disparaître.

Quand je mets en place ce témoin qui observe cette sensation émotionnelle, automatiquement je me détache d’elle.

Les retombées positives sont évidentes : plus de calme, moins d’agressivité et une meilleure gestion du stress lié aux confrontations. Le retour des psychologues avec qui nous discutons de temps en temps va dans ce sens. Le Qi Gong est un très bon outil pour le milieu carcéral à condition de l’orienter pour ce genre de public. Je pense qu’il n’y aurait aucun intérêt d’enseigner le Qi gong comme nous le faisons à l’extérieur.  C’est un public très agréable car toujours à l’écoute. Le cours de Qi Gong est un vrai sas de décompression pour eux. J’encourage les professeurs à aller enseigner en milieu carcéral.


Pour ma part, la salle étant petite, je n’ai pas plus de six détenus par cours. La fourchette d’âge varie entre 35 et 60 ans. Les très jeunes ne sont pas intéressés.

Pour les enseignants motivés par cette démarche, il faut contacter le service de probation et d’insertion dont dépend la maison d’arrêt dans laquelle vous voulez travailler.

Le Qi Gong en maison d'arrêt , c’est pour moi entrainer l'esprit illimité dans un espace limité...Une expérience humaine de partages qui enrichit mon chemin de vie et d’enseignant.

Thierry Julien
© Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur - Juin 2012




Thierry Julien

Enseigne Le Qi Gong et le Taï Chi Chuan qu’il  étudie depuis le début des années 90. Il apprend le Qi Gong médical et thérapeutique à l’institut Xin An. Il se forme aux massages chinois (tuina) pendant 1 an. Durant ses formations il étudiera aussi  la médecine chinoise. Il se forme  aux notions des chaînes articulaires avec Guy Poiron et étudie la respiration et le tonus musculaire avec Blandine Calais Germain (anatomie pour le mouvement) et Benoît Le Sage

Le contacter 
julienthierry.unblog.fr 
Thierry Julien
Tel 06.21.51.70.90
19 Impasse de la Fosse
                                           81100 Castres

 

Partager cette page : Bookmark and Share

 

 

Retrouvez-nous sur :
facebook twitter