Les notices pédagogiques sont écrites par des enseignants de Qi Gong pour apporter des conseils, des explications théoriques et techniques sur la pratique du Qi Gong abordant l'anatomie, la psychologie, le cognitif, la conscience du mouvement et la voie.

Enseignants, proposez vos fiches techniques, avec des photographies que nous prendrons soin de mettre en page : Un acte pédagogique parmi d'autres. Proposez vos articles

Zhan Zhuan Gong -  La posture debout par Pierre Ange Marino

Zhan Zhuan Gong - Posture debout

L’Essentiel : La posture doit être « circulaire », toutes les articulations doivent être relâchées et légèrement arrondies. Il faut essayer de ressentir une sensation de quiétude, de relaxation et de détente profonde pour favoriser la circulation de l’énergie et du sang.

1- Relâchement et détente des membres inférieurs.

-       1 : Pieds parallèles : Largeur comprise entre épaules et bassin. On met parallèle la ligne qui va de la base du petit orteil au talon. Les orteils sont « en dedans » de la posture. Cela aide à stabiliser le centre de gravité. Ce n’est pas vrai pour d’autres postures de Zhan Zhuan. Mais ça l’est pour la posture d’apprentissage. Surtout si l’on débute. Rechercher la détente dans les voûtes plantaires.




















-       2 : Genoux fléchis : Ne pas dépasser les pointes de pieds. En fait, on dit que le tibia doit être perpendiculaire au pied. Chercher le relâchement du genou en avançant et reculant le centre de gravité d’avant en arrière du pied jusqu’à sentir la décontraction du mollet et la détente du genou.

-       3 : Arrondir la partie intérieure des cuisses : En rentrant et sortant les genoux. Comme si on comprimait un ballon placé entre les cuisses. Au final, placer l’axe de chaque genou dans l’axe des gros orteils.

-       4 : Relâcher et détendre les hanches : S’asseoir un peu et faire descendre l’énergie. Chercher le relâchement des articulations « coxo-fémorales » (tendons, muscles, ligaments)

-       5 : Rentrer les plis inguinaux : Les plis des aines, ce que l'on appelle les "kuas" doivent être rentrés, non pas poussés sur l’avant de la posture, les fesses rentrées, mais bien en arrière, les fesses sorties légèrement. Comme si on s’apprêtait à s’asseoir sur un haut tabouret. Cela vous aidera à ressentir le relâchement des lombaires.




















-       6 : Relâcher et détendre l’articulation sacro-iliaque : On a la sensation que le bassin est très légèrement « arrondis ». Détendre cette articulation à cet instant. Parfois il arrive que l’on sente un léger craquement à ce niveau.

L’arrondissement de l’intérieur de la cuisse est le plus important. Il donne une sensation de rondeur à tout le bassin et permet de détendre les articulations des hanches et du bassin. Il permet de débloquer l’articulation sacro-iliaque ou s’accumule les tensions dues à notre posture debout de bipède et à la force gravitationnelle.

 

2- Relâchement et détente du tronc

-       7 : Rétracter le bas ventre : Sans force. Juste avec une légère tension pour permettre aux organes d’être en place et facilité la circulation de l’énergie dans l’abdomen.

-       8 : Relever le périnée : Il suffit juste d’y penser. Jamais le faire avec force pour éviter de faire monter l’énergie à la tête. On peut aussi s’exercer à remonter le périnée à l’inspire et le relâcher à l’expire ce qui aide à combattre les troubles du petit bassin.

-       9 : Lombes relâchés : En relâchant les hanches. Sans contracter les abdominaux. On a la sensation que le coccyx s’étire vers le bas. C’est un relâchement des muscles lombaires et du carré des lombes. Cet état nécessite une longue pratique. La pointe du coccyx doit se diriger sur la ligne des talons. (comme la queue du kangourou lorsqu’elle repose sur la terre)




















-       10 : Poitrine rentrée : Légèrement. Comme si on était touché au sternum par le doigt d’une personne et que l’on souhaite se soustraire à ce contact (partie sus hypocondre)

-       11 : Dos évasé et colonne vertébrale étirée : colonne vertébrale droite et verticale. On doit ressentir un étirement de celle-ci dans les deux directions. Haut et bas en même temps. Omoplates un peu étirées sur l’extérieur, on « ouvre le dos » comme la carapace de la tortue mais sans fermer la cage thoracique pour autant.

Le relâchement des lombes est le plus important. Il permet l’ouverture de Mingmen et donc l’entrée de l’énergie dans ce point jusqu’au tantien inférieur, la liaison du haut et du bas du corps. Il donne la sensation d’ancrage au sol et la sensation de force dans les jambes.

 

3- Relâchements  et détente des membres supérieurs

-       12 : Abaisser les épaules : Monter, puis tirer les épaules en arrière en inspirant, laisser retomber les épaules en expirant. Pas exagérément. Sentir les bras flotter comme s’ils étaient reposés sur un accoudoir de fauteuil arrivant à hauteur de la poitrine lorsque l’on s’assied dedans.

-       13 : Relâchement et détente des coudes : détendus, on ne doit sentir aucune tension dans le coude. Ni pour ramener l’avant- bras sur le bras, ni pour le repousser. Coudes au repos.




















-       14 : Relâchement et détente des poignets, paumes, phalanges : Les doigts restent face à face comme si on tenait un gros ballon entre les bras et un bol entre les mains. On peut sentir les paumes se réchauffer. On peut sentir des picotements dans les mains. On peut aussi sentir comme une « présence d’énergie» entre chaque doigt de la main. Comme si les doigts étaient palmés. Les doigts ne se touchent pas






































-       15 : Vider les aisselles : Afin de libérer la respiration. Les coudes ne touchent pas le corps. Ils en sont écartés

Le relâchement des aisselles est le plus important. Il permet la détente des muscles intercostaux et favorise la respiration ainsi que la détente, évite les crampes à ce niveau (si on garde la posture très longtemps)


4- Relâchements  et détente de la nuque et  positionnement de la tête.

-       16 : Vertex suspendu : Bai Hui et Da Zui tirés vers le ciel. Comme si le sommet du crâne était relié à un fil qui tire la tête vers le ciel. Il ne faut toutefois pas sentir de contraction dans les muscles trapèzes. On a la sensation que la tête flotte, comme un ballon. La nuque doit être libre et détendue. Très souple.

-       17 : Menton rentré : Participe à la suspension du vertex. Favorise la respiration nasale, permet l’étirement des vertèbres cervicales et la bonne circulation d’énergie dans cette zone souvent trop tendue.




















-       18 : Paupière mi-close : Favorise le relâchement des muscles orbiculaires. On dit que l’on harmonise le Yin et Yang, la lumière n’est ni trop forte, ni pas assez. Cela permet à l’esprit de ne pas être distrait. Si des idées passent dans la tête, pour ne pas se fixer dessus, il faut :

o   soit  imaginer les idées comme des nuages que l’on regarde passer sans y prêter d’attention

o   soit se concentrer sur le bout de son nez au point Suliao

o   Soit, on compte ses respirations à l’expire de 1 à 9

o   Soit, on pense que son bassin est un chaudron rempli de braises incandescentes et que dès qu’elles passent au-dessus, elles sont brûlées.

o   Pendant l’exercice, détendre l’intensité du regard, essayer d’avoir un regard très doux. Même avec les paupières mi-closes. Le regard doit rester horizontal ou posé à 5 mètres devant soi




















-       19 : Bouche close : Pour éviter de perdre le qi. Sans force. Les lèvres en contact. Les mâchoires desserrées et les dents, soient qui se touchent très légèrement, soit qui ne se touchent pas.

-       20 : Langue au palais : La pointe de la langue doit se positionner juste derrière les incisives (en fait, il y a trois positions différentes pour le palais. (J'utilise ici la plus connue). Cela permet de mètre en relation les deux méridiens principaux Ren Mai et Do Mai. Agit comme un interrupteur de courant.

La suspension du vertex est le plus important. On a l’impression que la tête serait une balle de billard posée sur le  bout d’une canne de billard tenue à la verticale, sans qu’elle ne tombe. En équilibre


Des 4 points  les plus importants de chaque paragraphe le relâchement des lombes est le plus important de tous. Cela permet de faire parvenir l’énergie au tantien et de mettre en relation le bas et le haut. Il permet de régler la respiration au tantien inférieur. Il permet également d’avoir une sensation d’énergie globale, dans tout le corps et de sentir le bas du corps solide comme une montagne et le haut du corps léger comme une plume. Parfois, on peut avoir aussi la sensation que tout le corps flotte. Comme si on lévitait.




















* Pendant l’exercice on ne pense à rien. On peut se concentrer sur le tantien inférieur. Ou laisser l’esprit libre. Le corps, l’esprit et la respiration complètement détendus.

Tout le corps doit être relâché et ne manifester aucune rigidité. On peut penser être une plante aquatique bougeant au gré de la houle.

* On essaie de ressentir toutes les articulations du corps, détendues et relâchées. Comme s’il y avait à l’intérieur  de chacune d’elle un petit ballon d’énergie. Comme si les surfaces articulaires se séparaient légèrement.

* On commence l’exercice à partir des pieds. Ensuite arrivé au sommet de la tête on redescend vers le bas en cherchant d’éventuelles contactions que l’on détend de nouveau. De cette manière on parvient à un état de quiétude et de relaxation facile à acquérir par la descente de l’énergie après l’avoir fait monter dans un premier temps.

* Les contractions vont arriver d’elles même, engendrant aussi des douleurs. Ne pas se focaliser dessus. Au contraire, essayer de diluer ces tensions, ces douleurs, en se relaxant encore plus. Diluer ces sensations de douleurs dans tout le corps. Comme on dilue un sirop dans un verre en y ajoutant de l’eau.

* La durée de l’exercice varie de 10 minutes à une heure voire plusieurs heures. Il est préférable de s’entraîner 10 à 20 minutes par jours plutôt que de faire deux heures de temps en temps. Il faut donner du temps au temps et s’entraîner avec patience. Comme l’eau qui finit par éroder la roche en tombant.

* Enfin, chacun de vous sera son propre maître. Écouter votre ressenti.

* Remerciement à mes maîtres (Kenji Tokitsu, Zhou Jing Hong et Shigeru Uemura pour leur transmission de leur savoir et leur patience à m’enseigner…

© Pierre Ange Marino
Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

 

Pierre Ange Marino
Pratique le Qi Gong depuis 1983 et l'enseigne depuis 1986. Enseigné par Me K. Tokitsu puis à partir de 1992 par Me Zhou Jing Hong. Il pratique le Zhi neng Qi Gong et d’ autres Qi Gong de différentes écoles. Pour lui « C'est une voie d'approfondissement, au même titre que la pratique d’un art martial ou d’une discipline artistique, qui, pratiqué à un certain niveau sont susceptible d'engendrer une démarche identique ». Il enseigne plus particulièrement dans la région lyonnaise  le Qi Gong (DE JEPS AEC - CQP ALS) et le Karaté (BEES 1° et DEJEPS).

Le contacter
Email : pierre-ange.marino@wanadoo.fr
Budo Tradition Culture                                             
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L’Etat de présence dans le Qi Gong par Pierre Ange Marino

S’appliquer à travailler « l’état de présence » dans le qi-gong

Quel doit être l’état d’esprit et de corps dans la pratique du qi-gong ? Parfois et régulièrement cette question revient dans les cours.

La réponse est la suivante   :
La première chose à observer est d’essayer de s’entrainer en étant le plus détendu possible physiquement et mentalement. Tout le corps détendu et relâché. (Pour les qi-gong qui ne sont pas à tendance martiale)

Avoir un esprit relaxé, libre et léger, laisser la respiration se faire naturellement en harmonisant les gestes et cette respiration dans le même temps.

Maintenant, au niveau de l’esprit, de l’âme pourrait-on dire, comment doit-on se positionner ? Mon maître dit souvent : « soyez respectueux à l’extérieur et humble à l’intérieur ».

Mais encore ? ? ?

J’ajoute qu’il faut essayer d’être soi-même ! Authentique ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Pour me faire comprendre, je prends souvent l’exemple d’une fleur ayant poussé à travers champs. Admettons que cette fleur soit de couleur jaune, en pleine prairie au milieu des herbes folles.

Elle n’a pas demandé à pousser ici, ni ailleurs. Elle n’a pas demandé non plus d'être jaune. Elle ne se soucie pas des herbes folles qui la côtoient et possède encore moins le souci de vous plaire lorsque vous passez à côté d’elle. Elle est !

Ma chatte (bien nourrie je pense) continue de chasser les souris. Ça ne me plait pas car j’aime les souris également, mais elle les chasse malgré mes réflexions lorsqu’elle m’en rapporte une (pour preuve de son amour)... Pourquoi le fait-elle ? Parce que c’est un félin et que c’est dans sa « nature »

Les minéraux, les végétaux, les animaux ne se posent pas de problème pour être et afficher ce qu’ils sont. Je n’en dirais pas autant des humains que je rencontre, y compris moi-même.

Pourquoi ?
 

Nous naissons avec les gênes de nos ancêtres et notre caractère « à soi ». Jusque là, tout va bien.

Néanmoins, dès la plus tendre enfance, nous subissons les regards et les pressions de notre entourage proche : La famille !

Ensuite vient l ‘école. Là encore, nous sommes soumis à des règles de conduite, des jugements, des pressions, des exigences et des regards extérieurs provenant de nos camarades, de nos professeurs, de nos parents et de la société qui nous entoure.

La société dans laquelle nous vivons selon que nous sommes nés ici ou ailleurs véhicule, elle aussi, des valeurs, des règles, des lois auxquelles nous devons nous « conformer ».

Plus tard, pour les garçons (chez nous) il y a le service militaire, avec de nouveau, ses règles, ses lois, ses coutumes.

Enfin, il y a la vie professionnelle, relationnelle et sentimentales où encore, on attend de nous des comportements conformes à notre sexe, notre métier, nos relations, notre famille et tout ce qui s’y rapporte.

Bref, vous aurez compris, que dès la petite enfance et tout au long de notre vie, on attend toujours quelque chose de nous. Même si le plus souvent, on ne demande rien.

Dans cet état des choses et pour ne pas déplaire, nous sommes souvent obligés de présenter « un masque » qui parfois ne nous ressemble guère !

Au final, dans toute cette agitation, avons nous pris le temps de nous retrouver « soi-même », de nous voir tel que nous sommes réellement ? Et de se poser la question : « qui suis-je réellement » ?

Toutes ces attentes et ces obligations venues de l’extérieur, n’ont-elles pas affectées notre être intérieur et notre émotionnel ? Ne sont-elles pas non plus la cause d’un certain mal-être ressenti parfois ou le résultat de névroses pour certains ? N’avons nous pas perdu le contact avec nous même à force de réprimer nos émotions afin de rester « présentable » pour plaire au plus grand nombre et répondre ainsi à « ce que l’on attend de nous » ?

Bien évidemment, lorsque nous vivons en société il nous faut observer des règles de conduites, afin de rendre la vie communautaire acceptable, mais jusqu’à un certain point !

Souvent dans le milieu du Qi-gong et du Tai-Chi-Chuan on a coutume de parler du « juste milieu ». Ces disciplines favoriseraient cet état d’être. Être dans le juste milieu. Pour moi, cela ne veut rien dire du tout.

Ne devrait-on pas, plus exactement, parler de « milieu juste », celui qu’il ne faut pas dépasser sinon tout déborde ! Celui qui marque les limites de notre territoire entre le monde relationnel et notre monde intérieur. Là où nous sommes enfin « soi- même ».

Il y avait eu un éditorial dans une revue d’arts martiaux, il y a longtemps,  où il était évoqué le comportement du jeune homme qui s’était dressé devant un char d’assaut lors des évènements du printemps chinois de la place Tian’anmen.

L’éditorial disait que l’action de cet homme était plus en rapport avec ce que l’on pourrait appeler « le milieu juste » plutôt que « le juste milieu » auquel certains se réfèrent si souvent.

En effet, risquer sa vie, comme l’a fait ce jeune homme, est-ce une notion de juste milieu pour ceux qui emploient cette expression ?


Et bien lorsque vous travailler le qi-gong, c’est aussi cet état de présence que vous travaillez.

J’ai coutume de dire à mes élèves : soyez durant la pratique ce que vous êtes dans votre fond intérieur, retrouvez votre âme d’enfant, retrouvez ce que vous êtes dans votre cœur .

Soyez vous-même. Pratiquez sans rien attendre, sans essayer de plaire à quiconque, sans essayer de donner encore une image de vous-même en affichant par exemple un large sourire béat, que l’on ne trouve nul part ailleurs, comme il est bon ton de le faire en qi-gong.

 Pratiquez avec un cœur « pur » (un peu comme celui de l’enfant qui vient de naître, innocent) et un esprit calme, un corps détendu et une respiration tout aussi calme.

Pratiquez dans un endroit de votre convenance, celui qui vous convient à vous. Dans la solitude avec votre environnement, profitez du temps que vous vous serez concédé à vous et pour vous afin de vous retrouver.

Je pense, qu’à force d’être toujours ce que l’on attend de nous, bien souvent on perd la connexion avec soi-même.

Alors pendant le temps de l’exercice au qi-gong, au moins durant ce temps là, essayons d’Être tout simplement et pleinement « soi-même".

Dans la vie de tous les jours, ce type d’entraînement nous permet d’atteindre une stabilité émotionnelle plus grande, une acceptation de ce que nous sommes, un esprit clair et limpide comme de l’eau.  Une sensation d’appartenance « au grand tout ».

Avec le temps qui passe, on se sent petit à petit, capable d’agir dans l’instant de façon appropriée, de prendre facilement la bonne décision face aux problèmes qui peuvent se présenter et au besoin de pouvoir expliquer calmement et sereinement ses choix et ses actions.

Un de mes amis disait : « Les arts martiaux pratiqués à un certain niveau, son pour celui qui les pratique une véritable psychanalyse (elle invite le pratiquant à se connaître lui-même et en profondeur ».  Je pense que l’on peut étendre cette pensée aux arts dans leur ensemble.

De plus, cela nous permet de retrouver une relation puissante avec l’Univers et tout ce qui nous entoure, nous apportant une conscience plus élevée de notre spiritualité, un équilibre favorable à notre relationnel et surtout le plaisir d’être soi-même.

Donc je terminerai en disant ceci : « Entraînez-vous bien ».

Pierre Ange Marino 
Mai 2012 ©Reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur

Pierre Ange Marino
Pratique le Qi Gong depuis 1983 et l'enseigne depuis 1986. Enseigné par Me K. Tokitsu puis à partir de 1992 par Me Zhou Jing Hong. Il pratique le Zhi neng Qi Gong et d’ autres Qi Gong de différentes écoles. Pour lui « C'est une voie d'approfondissement, au même titre que la pratique d’un art martial ou d’une discipline artistique, qui, pratiqué à un certain niveau sont susceptible d'engendrer une démarche identique ». Il enseigne plus particulièrement dans la région lyonnaise  le Qi Gong (DE JEPS AEC - CQP ALS) et le Karaté (BEES 1° et DEJEPS).

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Arts martiaux et énergétiques traditionnels d'Extrême Orient
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La méditation assise taoïste par Pierre Ange Marino

Avant propos

J’en suis à mon troisième article sur le site www.qi-gong.com. Je tiens à apporter une précision qui me paraît importante. Les articles que je soumets qui sont publiés ici ne sont que l’expression d’un adepte/professeur de qi-gong (moi-même) désireux de faire partager sa pratique à certain d’entre vous.

Ils ne sont à aucun moment l’expression de La Vérité.

Même si je m’entraîne à cette discipline depuis 1983 et que je l’enseigne depuis 1986, il s’agit bien que de ma réflexion personnelle et de mon expérience dont je vous fais part ainsi que d’une suggestion d’entraînement.

Aujourd’hui, j’aimerai aborder l’exercice que l’on appelle « méditation assise taoïste ». Cette méditation se fait soit assis sur une chaise, soit assis en lotus ou demi-lotus pour celles et ceux qui ont une certaine souplesse au niveau de l’articulation des genoux (ce qui n’est pas mon cas).

 Méditation assise -Pierre Ange Marino

Le but :

En fait, par cet exercice on vise à établir ce que l’on nomme « la petite orbite microcosmique»

En d’autres termes, on vise à faire circuler l’énergie du corps humain dans une boucle formé par :

1 -    Le méridien Du Mai (D.M ou V.G : Vaisseau Gouverneur) qui par de la région du périnée jusqu’au frein de la lèvre supérieure en longeant la colonne vertébrale.

2 -    Le méridien Ren Mai (R.M ou VC : Vaisseau conception) qui part du périnée jusqu’au milieu du sillon mento-labial en longeant l’axe central situé sur l’avant du corps.

Le premier D.M d’un point de vue de la médecine chinoise, gouverne l’énergie Yang du corps. On dit, qu’il s’occupe de tous les yang.

Le second R.M, gouverne l’énergie Yin du corps. On dit qu’il s’occupe de tous les yin.

Toujours d’après la médecine traditionnelle chinoise, la maladie, les déséquilibres physiques, psychiques, émotionnels et autres sont dus à un déséquilibre entre les énergies Yin et Yang situées dans notre corps.

Il faut avoir cela à l’esprit lorsque l’on pratique et étudie les différents domaines de la M.T.C (qi-gong, acupuncture, moxibustion, ventouses, diététique chinoise, réflexologie plantaire ou palmaire chinoise, Tui-Na)

Suivant ce raisonnement, afin d’équilibrer ces deux énergies (yin et yang) la méditation assise serait donc un excellent exercice.

Dès l’instant où cette circulation se réalisera dans l’orbite microcosmique, tous les yin et tous les yang du corps seront en harmonie. Donc, plus de déséquilibre entre ces deux polarités énergétiques, donc… plus de maladies d’où… la parfaite santé !

Cet exercice est intéressant à plus d’un point, et j’ai l’habitude de dire à mes élèves :

«  Si je devais m’occuper de personnes malades ou très affaiblies dans les hôpitaux ou centres de soins, maisons de retraites, c’est cet exercice que j’enseignerais en premier pour qui voudrait s’entraîner au qi-gong parallèlement aux soins déjà prodigués »

« Si je devais m’occuper que de gens en bonne santé (vous par exemple) c’est un exercice que je ne manquerai jamais d’enseigner dès la première année de qi-gong »

Maintenant, intéressons-nous à la posture.

Méditation assise taoïste -Face - Pierre Ange Marino

1 -    Les fesses sur le bord de la chaise reposant sur les ischions (les parties génitales des hommes doivent être à l’extérieur du siège)

2 -    Les pieds parallèles entre eux écartés de la largeur du bassin (comme pour la méditation debout)

3 -    Les tibias à 90° par rapport aux pieds et les chevilles parfaitement détendues.

4 -    Les cuisses à 90° par rapport aux jambes et les genoux parfaitement détendus.

5 -    Le corps à 90° par rapport aux cuisses et le bassin, parfaitement détendus.

6 -    Le menton un peu rentré vers la poitrine.

7 -    Les cervicales étirées vers le haut sans créer de tension dans les trapèzes.

8 -    Le point Bai Hui (20 VG) tiré vers le ciel comme si l’on avait le vertex suspendu à un fil.

9 -    Enfin, le point le plus essentiel, la pointe de la langue collée au palais derrière les incisives (c’est effectivement la langue qui permet, comme un interrupteur de mettre en relation cette énergie yin et cette énergie yang) 

Position des Mains -Méditation assise -Pierre Ange Marino 

Pour la position des mains, le plus facile pour les néophytes, est de garder les mains posées sur les cuisses et en forme de pince.

-       Pour les hommes la main droite à l’extérieur pince la main gauche qui reste à l’intérieur.

-       Pour les femmes la main gauche à l’extérieur pince la main droite qui reste à l’intérieur.

-       Les pouces sont croisés l’un sur l’autre.

 Position des pouces -Méditation assise Pierre Ange Marino

Enfin, il suffit de relâcher légèrement la colonne vertébrale, notamment : 

-       La zone des lombaires.

-       La zone située derrière les omoplates.

-       la zone située à l’articulation cervico-dorsale C7- D1

Méditation assise taoïste -Profil- Pierre Ange Marino 

De cette façon, la colonne vertébrale très légèrement courbée, permet de réaliser cette circulation énergétique plus facilement.

Attention tout de même de ne pas se recroqueviller sur soi-même après un certain temps de méditation pour ne pas oppresser la région du cœur et garder une respiration calme, ample, fluide et profonde.

Le temps de méditation, pour que celle-ci soit efficace et que l’on puisse en retirer des bienfaits, oscillera entre 20 et 40 minutes voir une heure de méditation par jour ou, tout du moins, le plus souvent possible.

Quels problèmes peut-on rencontrer ?

 

Physiquement :

Il faudra surveiller les mollets, les cuisses et les plis inguinaux qui vont avoir tendance à se contracter à notre insu. Au début, il faudra être vigilant sur ce point. Pour éviter une tension gênante au niveau des plis inguinaux (les plis de l’aine)

À cet effet, on pourra placer sous les pieds arrières de la chaise une petite cale de bois de 2 à 5 cm de hauteur pour aider au relâchement de cette zone.

L’angle entre le corps et les cuisses étant plus « ouvert » il y aura donc moins de tensions à cet endroit.

Pour le reste du corps, on observera une détente et un relâchement le plus profond possible au niveau du tronc, des épaules et des membres supérieurs

 

Psychiquement :

C’est là, que les difficultés commencent… En s’adonnant à cet exercice lors des premières fois, on va s’apercevoir que c’est difficile de détendre le mental et de se concentrer sur le tantien inférieur, situé à l’aplomb du périnée, 1,5 cun (une largeur de pouce + une demie largeur) à partir du centre du nombril et à l’avant des vertèbres vertébrales.

En effet, les pensées, les images vont venir se bousculer dans notre esprit.

Plus on va s’attacher à ces pensées, plus la détente va être difficile à obtenir pour en fait, transformer un esprit relativement calme au début de la méditation en véritable tempête intérieure !

Quelles sont les solutions ? Il y en a trois (que je connais et que j’enseigne) :

1-    Laisser venir les pensées, les images dans notre cerveau et les laisser passer sans y attacher d’importance. Comme si elles entraient par un côté de notre tête et qu’elles en sortaient de l’autre. Un peu comme les nuages courant dans le ciel. Nous ne les voyions pas au début, ensuite nous les apercevons et quand ils sont passés, de nouveau nous ne les voyons plus !

2-    Penser que notre bassin est un véritable chaudron où brûle un feu intense. Dès que les images et les idées passent au-dessus, elles sont brûlées comme des petits morceaux de papiers tenus à proche distance d’un feu ardent.

3-    Se concentrer sur le tantien inférieur et avec les yeux, regarder en dedans du corps comme pour aller regarder le tantien et, avec les oreilles, les diriger vers l’intérieur comme pour aller écouter notre tantien inférieur. Se plonger à l’intérieur de soi-même.

 

On dit que durant la méditation assise, il faut fermer les sept orifices : La bouche, les yeux, les oreilles, les narines.

 

Psychologiquement :

Durant l’exercice,  il va nous revenir des images de notre passé, des scènes dont nous ne nous rappelions absolument plus. Des situations que nous avons vécues, des sentiments qui nous ont bousculés émotionnellement.

Toutes ces situations, ces scènes, ces états émotionnels, comportementaux, heureux ou malheureux ont été enfouis dans notre subconscient.

À l’époque, nous les avions traités, dans l’instant, le plus souvent « à chaud », comme nous avions pu le faire et pour certains, nous y avions mis un mouchoir par-dessus pour ne pas dire, une chape en béton.

Nous nous en étions accoutumés et nous étions passé à autre chose. Même s’il en restait un petit quelque chose bien enfoui.

Néanmoins, il n’est pas dit qu’à l’époque nous avions traité « l’information, l’évènement » de la manière la plus appropriée que se soit. Et bien souvent, si nous y avions mis un mouchoir dessus, c’était surtout pour que cet évènement ne se rappelle pas à notre mémoire.

Sauf voilà, et si ces petites choses bien enfouies dans notre subconscient étaient justement la cause d’un de nos désordres internes ?

Parfois il arrive que des personnes se mettent à pleurer suite à la méditation assise ou même, prennent un fou rire.

Ce sont des émotions qui sont en train de ressortir, des scènes qui nous reviennent à l’esprit et que nous allons être appelés à traiter de nouveau, après l’exercice de la méditation ou plus tard avec plus maturation et de recul qui est le notre aujourd’hui.

Avec le temps, nous avons acquis un esprit plus aguerri qu’à l’époque, une conscience plus éveillée, pour que cela nous permette de traiter différemment ces émotions afin que celles-ci ne soient plus un fardeau pour nous.

Ainsi, grâce à la méditation assise, nous aurons trouvé un moyen de faire « peau neuve » au niveau de notre âme et de notre énergie interne en libérant des poids que nous traînions parfois durant de longues décennies !

Enfin, nous allons pouvoir laisser libre cours à nos souvenirs, nos émotions. Pouvoir les regarder en face et les gérer du mieux possible avec le recul qui s’est installé et pouvoir, comme je le dis souvent, lâcher les casseroles que nous nous sommes accrochés aux fesses et les poids que nous portons parfois comme des valises.

Nous allons pouvoir repartir d’un pied léger, le cœur et l’esprit libre et en paix avec une sérénité retrouvée et une énergie, en nous, parfaitement équilibrée qui nous aidera à retrouver une santé nouvelle et conserver un optimisme entier.

Voilà ce que propose, à mon sens, la méditation assise.

L’exercice n’est pas difficile, chacun peut la pratiquer selon sont bon vouloir. Dès le réveil ou mieux, (selon moi),  juste avant le coucher et s’endormir encore dans l’état de méditation. 

Pas besoin de se rendre au club, à l’association. L’investissement financier est nul. Il suffit de disposer d’une chaise ou d’un tabouret !

Donc, je propose à chacune et chacun d’entre vous qui me lirez, d’essayer quelque temps et je pense que c’est un exercice, que l’on soit pratiquant confirmé ou non de qi-gong, que vous aurez plaisir à faire quel que soit le lieu où vous vous trouverez.

Je peux vous conseiller maintenant deux livres de Me Mantak Chia « Énergie Vitale et système d’auto guérison » suivit d’un second livre traitant également du sujet « Fusion des 5 éléments »

J’espère à travers cet article, vous avoir communiqué l’envie de vous essayer à cette pratique, si elle n’était pas déjà la vôtre et peut-être dans quelques temps, à votre tour, vous aurez plaisir à la conseiller autour de vous.

Si d’autres manifestations venaient à se produire durant le temps que vous consacriez à l’exercice, rappelez-vous que l’esprit peut-être parfois farceur…


Pierre Ange Marino 

Juillet 2012 ©Reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur

  

Pierre Ange MarinoPierre Ange Marino
Pratique le Qi Gong depuis 1983 et l'enseigne depuis 1986. Enseigné par Me K. Tokitsu puis à partir de 1992 par Me Zhou Jing Hong. Il pratique le Zhi neng Qi Gong et d’ autres Qi Gong de différentes écoles. Pour lui « C'est une voie d'approfondissement, au même titre que la pratique d’un art martial ou d’une discipline artistique, qui, pratiqué à un certain niveau sont susceptible d'engendrer une démarche identique ». Il enseigne plus particulièrement dans la région lyonnaise  le Qi Gong (DE JEPS AEC - CQP ALS) et le Karaté (BEES 1° et DEJEPS).

Le contacter
Email : pierre-ange.marino@wanadoo.fr

Budo Tradition Culture
Arts martiaux et énergétiques traditionnels d'Extrême Orient

Site : www.budo-tradition.org

 

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