Chaque article développe un sujet particulier par un spécialiste ayant trait aux fondements de la pensée chinoise antique, à ses interprétations contemporaines et à ses applications occidentale. Devenez contributeur, prenez contact avec nous.

Les éditoriaux de 2016 par Béatrice Reynier, directrice de Qi Gong TV



bientôt

Petite histoire de l'astrologie chinoise par Eulalie Steens


Les premières traces de divination relevées en Chine remontent à la deuxième dynastie, celle des Shang (1765-1122 avant JC). Elle correspond à l'âge du bronze. Il s'agit d'os (omoplates de moutons) et d'écailles de tortue (partie ventrale de la carapace) portant des traces de brûlures et de fissures. On les appelle jiagu « os et écailles ».  Il s'agissait de lire les fissures provoquées par un tison. Au fil du temps, ces jiagu reçurent des inscriptions : question et réponse. On les appellent donc jiaguwen « inscriptions sur os et écailles ».

De cette pratique, naquit l'achilléomancie : la divination par les tiges d'achillée. Il semble que la conception philosphique du yin et du yang ait été matérialisée par ces fissures. Un trait brisé représente le yin (féminin) et un trait plein le yang (masculin). C'est à Fuxi, empereur (légendaire ? )  que l'on doit la configuration de l'univers par l'agencement de huit trigrammes composés de trois lignes. Ce qui donnera, plus tard, les 64 hexagrammes (8x8) grâce au roi Wen, fondateur avec son fils Wu de la dynastie Zhou (1121 avant JC).  C'est ainsi que naquit le Yijing, le Livre des Changements.

Il faut bien noter qu'à cette époque la divination est rituelle et liée à la bonne marche du gouvernement. Car le souverain est le médiateur entre le ciel, la terre et les êtres humains.

On sait que les Chinois s'intéressaient aussi aux mouvements célestes. Le Zhouli « Rites des Zhou » (rédigé sans doute entre le IVème et le IIème siècle avant JC) narre comment tout un bataillon de fonctionnaires observait les étoiles. Il se peut que le texte relate l'organisation d'un gouvernement idéal, mais la base est certainement historique. Le premier panorama complet sur l'astrologie et l'astronomie est dû à Sima Qian. Ce savant appartenanit à la Cour impériale de la dynastie des Han Antérieurs (206 av. JC – 8 ap. JC). Cet historien rédigea la première histoire dynastique, celle des Han. Il était aussi astrologue. Il consacra les chapitres 26 et 27 aux mouvements célestes. Il mit l'accent sur les cinq planètes, celles que nous nommons Jupiter, Mars, Vénus, Saturne, Mercure. Elles sont liées aux cinq éléments : Bois, Feu, Métal, Terre, Eau. Le Soleil étant lié au yang et la Lune au yin.

L'astronomie chinoise est équatoriale, horaire, moyenne et diurne alors que l'astronomie grecque est écliptique, angulaire, vraie et annuaire. Les astronomes (et astrologues, la fonction est la même) primitifs ont dû faire face au problème suivant : le Soleil et les astres n'étant jamais visibles en même temps (à cause de la lumière solaire), il s'ensuit que l'on ne peut jamais constater directemnt la position sidérale du Soleil, puisque les constellations-repères sont invisibles. Grecs (et Egyptiens) résolvèrent la question en adoptant la méthode suivante : observer les levers et couchers héliaques des astres, c'est-à-dire près de l'écliptique, juste avant le lever du Soleil et juste après son coucher. Donc, seuls l'horizon et l'écliptique entrent en ligne de compte. A l'encontre de ce système, les Chinois ont établi leurs calculs sur l'Etoile Polaire et sur les étoiles circumpolaires (qui ne se lèvent et ne se couchent jamais). Le système chinois a pour point de départ le désir de mesurer les heures de la nuit et ceci est possible grâce à la rotation des circumpolaires qui de six heures en six heures se trouvent verticalement au-dessus du pôle, horizontalement à gauche, verticalement au-dessous, horizontalement à droite. Cette astronomie diurne a pour élément le méridien, conçu comme la verticale de l'Etoile Polaire. De là, a pu être élaborée la notion d'équateur. Ce méridien était déterminé à l'aide du plus ancien instrument astronomique : le gnomon. Le pôle est non seulement la base de l'astronomie chinoise, mais il est aussi lié à la métaphysique chinoise du microcosme et du macrocosme. Le pôle céleste étant l'image dans le Ciel de l'empereur sur la Terre.

Les traités antiques décrivent un système de Cinq Palais Célestes : un polaire (comprenant l'Etoile Polaire, la Grande Ourse, la Petite Ourse, etc...), et quatre périphériques, concordant avec les quatre saisons. Ils correspondent dans l'univers terrestre au Royaume du Milieu (la Chine) entouré des quatre parties cardinales de l'Empire. Ce sont l'Est, le Sud, le Centre, l'Ouest et le Nord. (Remarquons que les Chinois placent le Sud au Nord et vice-versa). Les quatre Domiciles Célestes sont :

-      le Domicile du Dragon Bleu-Vert (Est, Printemps, Bois, Jupiter)

-      le Domicile de l'Oiseau Rouge (Sud, Eté, Feu, Mars)

-      le Domicile du Tigre Blanc (Ouest, Automne, Métal, Vénus)

-      le Domicile du Guerrier Noir (Nord, Hiver, Eau, Mercure).

Il existe aussi des Mansions. Il s'agit des constellations célestes. Chacun des quatre Domiciles en comprend sept, soit vingt-huit en tout.

Se combinent aussi les Cinq Eléments (ou Agents) qui sont la base de la dynamique de l'Univers.


Pour élaborer le calendrier, les Chinois inventèrent deux cycles : le dénaire (Dix Tronc Célestes) et le duodénaire (Douze Rameaux Terrestres). Le cycle dénaire est représenté par dix caractères, les plus anciens connus puisqu'ils étaient déjà présents pour écrire les jiaguwen. Le cycle duodénaire est en relation avec les douze stations de la planète Jupiter (douze ans). Plus tard, ce sont aux Douze Rameaux Terrestres que l'on assimilera les douze signes du zodiaque : Rat, Buffle, Tigre, Lièvre, Dragon, Serpent, Cheval, Mouton, Singe, Coq, Chien, Cochon.

Pour élaborer un calendrier perpétuel, on combine les Douze Rameaux Terrestres aux Dix Troncs Célestes de manière à obtenir un cycle de soixante combinaisons à la fin duquel on revient au début. Sous les Shang, ce système servait à décompter les jours. A partie de la dynastie Han, au Ier siècle avant JC, on s'en servit pour dénombrer les années. L'usage de cette méthode remonterait à l'Empereur Jaune (Huangdi), exactement en l'année 2697 avant JC ! C'est ce dernier système qui fut le plus utilisé jusqu'à notre époque, sous le nom de calendrier rural. On remarquera au passage que que six cycles sexagésimaux font 360 jours. Que les 60 jours du cycle peuvent être divisés en six périodes d'une semaine de 10 jours chacune, soit environ deux lunaisons. (En Chine l'introduction de la semaine de 7 jours ne se fera que sous la dynastie Song, à la fin du XIIème siècle).

Dans les temps anciens, la Planète du Feu (Mars) présidait aux sécheresses, à la douleur, à la mort et au deuil, tout en donnant la force de vaincre. La Planète de la Terre (Saturne) présidait à la réunion de la multitude, à la prévoyance, au bonheur, aux travaux agricoles ; elle était aussi la planète de l'Empereur, du pouvoir et de la domination. La Planète de l'Eau (Mercure) présidait aux exécutions capitales. Elle était l'image du Premier Ministre. Elle était surveillée de près car elle était liée aux catastrophes naturelles. La Planète du Métal (Vénus) gouvernait la justice et le langage, ainsi que la guerre. La Planète du Bois (Jupiter) devint une déité sous les Six Dynasties (222 – 589).  Sous le nom de Grande Année, elle est considérée comme dieu des prohibitions  directionnelles, maître des saisons et chef des esprits pestilentiels. Sa direction dans le ciel indique si elle est néfaste ou non.

De nos jours, l'astrologie est devenue personnelle. A dessein d'établir un horoscope chinois, on se sert d'un calendrier et l'on utilise la date de naissance de la personne concernée. On recherche les 4 binômes de l'année, du mois, du jour et de l'heure. C'est ainsi que l'on peut déterminer la date d'un mariage, la compatibilité des deux époux, la date de l'ouverture d'un commerce, etc....

Eulalie Steens
Janvier 2013 ©Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteure

 

Eulalie Steens

Écrivaine, traductrice (anglais) sinologue, journaliste
Ancienne élève de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Paris)
Titulaire d’un DEA de 3ème cycle universitaire de langue et de civilisation chinoises.
Dès 1981, elle écrit pour France-Culture et France-Inter. Puis, à partir de 1990, elle s’investit dans le domaine du marché de l’art.

Parution :

• La belle cordière (roman historique) Presses de la Cité
• L’astrologie chinoise  Ed. du Rocher
• La Chine antique Ed du Rocher
• Dictionnaire de la civilisation chinoise Ed du Rocher
                                                    • Le livre de la sagesse de Confucius, Ed du Rocher
                                                    • Méditations chinoises Ed du Rocher
                                                    • Le livre de la sagesse zen, Ed du Rocher
                                                    • Le véritable Tao Te King de lao Tseu, Ed du Rocher

                                                    Depuis novembre 2012, chargée de Développement Culturel de la Cie théâtrale le Passe-Muraille

                                                    La contacter  

                                                    Blog À la recherche du Tao 

                                                    Sur Facebook , Twitter et Linkedln

 

Sur la voie du Tao par Man Yan Hor 

Pratique globale du Chi Gong : du cœur, de l'esprit, et du corps

Le Qi Gong du Tao est une pratique au départ pour la santé, en vue d'un développement personnel visant à la réalisation spirituelle.  

L'épanouissement de soi demande beaucoup de temps, voire plusieurs vies de réincarnation.

La santé est la base de notre vie qui nous permet d'expérimenter, de vivre, et d'atteindre ce que nous souhaitons à partir de notre incarnation.

Pour le taoïste, la vie c'est la joie , la liberté, l'insouciance, la santé... Enfin , c'est a réalisation complète spirituelle, soit devenir immortel.

 

Le Qi gong du Tao, dans la tradition chinoise n’est pas simplement une gymnastique, il globalise tous les niveaux de notre être et à partir de nos fondations :

  1. Yi, Intention: cela requiert le niveau de l’esprit.
  2. Xing, le physique, le corps, la structure : À tous les niveaux du visible à l’invisible.
  3. Qi, le souffle de vie, l’énergie vitale.

La pratique Qi Gong taoïste se différencie d’une  gymnastique-physique de base, travaillant d'abord sur les muscles, la résistance-physique, la force, l’endurance et la souplesse parfois. Puis il agit sur le cœur pour faire circuler le sang dans le corps, « bien muscler le cœur et le corps et pour automatiquement créer une belle image ( forme physique) pour arriver à se vider la tête, et enfin parvenir à se relaxer ».

Ainsi, le Qi Gong de la voie du Tao se pratique beaucoup plus en mobilisant l’énergie, avant tout dans la détente , le calme et la lenteur.  On cultive la concentration, l'écoute, le ressenti, la conscience de ce qui se passe en nous, et de tout ce qui nous entoure : les arbres, le vent, la chaleur, le froid…

Mais aussi dans le ressenti, on observe ce qui vient de l’intérieur de nous comme ma température, ma concentration, mes sensations physiques soit : douleurs ou plaisirs, détente et tension, ces pensées qui nous poussent incessamment à nous déconcentrer de ce que l’on est en train de vivre.

Alors on peut entrer dans l'état de non-être et tous nos sens sont en éveil connectés à l’instant présent.

 

Ainsi dans la pratique du Tao, on englobe le tout, y compris l'essentiel de tous les Qi Gong. Mais également nous sommes reliés à l’univers : Au ciel et à la Terre , au cosmos dont l'étoile polaire. De plus, nous sommes connectés aux entité-divines taoïstes selon certaines pratiques ésotériques.

Plusieurs éléments sont nécessaires dans notre pratique du Tao :

Cheng xin : coeur sincère. C’est l’attitude intérieure juste envers la vie , envers tous les êtres y compris envers soi même, envers ma pratique en laquelle je crois.

Ching xin : coeur confiant. La foi en soi-même, en ses maîtres et à quoi l'on s'engage.

Chao xin Yang sing : il y a deux sujets de travail :

1-    Chao xin qui peut se traduire par « Pratique de sa nature intime, la personnalité, et le caractère , la psychologie »

2-    Yang sing qu’on peut traduire  par : « La pratique pour nourrir le corps. »

Ces deux aspects sont différents. L’un parle de nourrir et préserver le corps et l'autre de connaitre sa propre nature psychologique, son propre fonctionnement, car notre conduite inconsciente, les idées malsaines,  sans compter un mauvais esprit peuvent nous faire passer à côté de notre vie.

Yang Sing comprend la sexualité contenue dans le corps. Le corps se nourrit de l’énergie sexuelle. Le désir débordant, l’activité sexuelle surmenée use et fatigue le corps dont l’énergie vitale se vide. Ainsi la vie se perd.

La santé disparaît. La vieillesse anticipée, la maladie, la souffrance, tout cela conduit à la mort prématurée et douloureuse.

C'est pourquoi, dans le Tao, nourrir le corps, « yang xin », comprend deux sens :

1-    La  nature, le caractère de l’individu. Cet aspect se loge dans le coeur ;

2-    Nourrir et préserver le corps. C’est donc prêter attention à soi,  se donner du temps et bien dormir, bien manger, respecter son corps, se reposer, en ayant une activité sexuelle harmonieuse . La perdition énergétique demeure sous notre surveillance pour  les raisons citées précédemment  motivées par «  la réalisation de soi, spirituelle  ».

 

Pour conclure je convoque la notion de fidélité.

La fidélité...

Se concentrer en un

Se rassembler en  en « corps, âme, esprit »

pour une seule chose,

un seul sujet

mon chemin,

la foi. 

 

©Man Yan Hor
Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur
Publié le 19 Avril 2012

 

Man Yan Hor
Depuis trois ans, Man Yan Hor est officiellement moine Taoïste ordonné spécialisé en alchimie taoïste interne, instructeur officiel formé par Maitre Liu Yuan Tong en Chine, doyen de la branche Wu Qi de la région du Yunnan. Il a sa charge à ransmettre la voie du Tao au travers des arts énergétiques taoïstes, en proposant une méthode concrète et claire pour accéder à une conscience élargie du soi, à la sérénité, au bien-être et à la joie de vivre

Enseignant à Paris depuis 1992, il est le fondateur du projet Tiin Deya'n et du centre Tiin Azur ouvert à Lyon depuis 2008.Il y enseigne en autre le Wu Qi Chi Gong et le Qi Gong de Mantak Chia.

  

                                          Le contacter
                                          Centre Tiin Azur
                                          3 place Croix Paquet 69001 Lyon, France
                                          Tél : 04 72 26 50 05
                                          Email :tiindeyan@hotmail.fr
                                          Site : www.tiindeyan.com

2012 l'année du Dragon d'eau par Philippe Juge

Nouvel an chinois 2012 L'année du Dragon d'Eau

Pourquoi l'année 2012 est-elle l'année 4709 ou 4710 selon le calendrier chinois ?
 
Le 23 janvier 2012 débute en Chine l'année du Dragon d'Eau Noire ou l'année 4709 selon le calendrier chinois.

Il est possible de retracer des références au calendrier chinois à partir du 14ème siècle avant Jésus-Christ. Selon la légende le calendrier chinois aurait été mis en place par  le l'Empereur Jaune  Huangdi en l'année 2637 avant Jésus-Christ. Le calendrier chinois ne compte pas les années à partir de 1 jusqu'à l'infini. Il utilise des séquences, chacune se voyant attribuer un nom qui lui est propre. Ces séquences se répètent tous les 60 ans. Donc en fixant comme point de départ l'année 2637, l'année 2012 du calendrier occidental devrait correspondre à l'année 4649 selon le calendrier chinois et non 4709. Mais il y a une explication.


Comme le calendrier chinois ne compte pas les années les unes à la suite des autres, il comporte des cycles de soixante ans et des années dites régionales débutant avec le règne de chaque empereur. (C’est pas faux diraient certains). Avant la révolution de 1911, Sun Yatsen révolution a voulu mettre en place une vision républicaine des cycles pour remplacer la vision impériale des cycles débutant avec le règne des empereurs. Selon la tradition chinoise, la première année du règne de l'Empereur Jaune "Huangdi" serait 2698 avant Jésus-Christ. Il établit donc une procédure de calcul sur cette base. Selon cette façon de calculer, l'année 2012 correspond à l'année 4710. Par contre de nombreuses autres sources fixent la première année du règne de l'Empereur Jaune en 2697, elles en arrivent donc à calculer l'année 2012 comme étant l'année 4709.


Une autre procédure veut que l'on commence à calculer à partir du premier relevé historique d'un cycle de 60 jours, soit le 8 mars 2637 avant Jésus-Christ. Sur cette base l'année 2012 devient l'année 4649. Encore là, certain ne compte pas les 8 premiers jours du mois de mars du calendrier occidental ce qui fait que l'année 2012 devient alors 4709.
                           
Mais finalement de nos jours tout est beaucoup plus simple puisque la Chine a adopté le calendrier grégorien en 1912. Mais ce calendrier grégorien qui est celui que nous utilisons en occident, n'a été appliqué à l'ensemble du pays qu'à partir de la  révolution communiste de 1949.

   
2012, fin du monde ?
Selon plusieurs oracles et d’après le calendrier Maya, la fin du monde serait prévue pour le 21 décembre 2012. Un vent de panique semble souffler sur le web ces temps-ci, relayé par le célèbre film catastrophe du même nom sorti dernièrement. Avant de céder au désespoir, il faut bien avoir à l’esprit que la fin du monde a été annoncée assez souvent durant l’histoire et que dans la majorité des cas, les prédictions préviennent avant tout qu’un changement radical va s’opérer : fin du monde tel qu’on le voit, mutation des consciences, des sociétés, des croyances… Nul ne le sait encore.
Pour le moment, essayons de voir ce qu’en dit la métaphysique chinoise et notament l'étude du Yi Jing. L’hexagramme de l’année 2012 sera le 2  Khouen ou Kun, le réceptif * . Il indique plutôt une année marquée par la diplomatie, le commencement d’autre chose grâce à l’union, la concorde, la fécondité (l’année 1948 marquée également par cet hexagramme a vu naître la déclaration universelle des droits de l’homme).

Mais justement que nous dit le Yi Jing ?
Il s'agit là d'une interprétation personnelle du livre des mutations "Yi Jing" de Cyrille Javary éditions Albin Michel. L'hexagramme Kun , l'élan réceptif est le plein déploiement des qualités Yin: force d'accueil, disponibilité, consentement. Vaste capacité à s'adapter et à tenir en toutes circonstances.

Il est caractérisé par des formules mantiques dont "fondamentalement favorisant" qui signale un moment particulièrement propice, s'exprimant par une tendance à entreprendre

dans une capacité à faire aboutir.

Ou encore "qui précède s'égare" et "qui suit trouve" qui indiquent soit une succession d'état soit un retournement qui est toujours orienté vers un mieux, (nous verrons bien) !

L'élan réceptif Kun est l'hexagramme nucléaire (ou noyau) de trois autres figures dans lesquelles il manifeste ses capacités à engendrer en passant par des temps de repos,

de renaissance et d'entretien de la vie.



Symbole et légende du Dragon d’eau

A l'exemple du dragon qui s'enroule sur lui même, symbole prisé des Taoïstes, le Tao est l'esprit qui anime le changement cosmique; il est l'éternel devenir. 
Il se fait et se défait comme les nuages. 
Le Tao représente la grande mutation, la voie du changement ou transformation. Chacun explique cela à sa façon mais du point de vue essentiel, 
il est l'esprit même de l'univers  

Le troisième millénaire a débuté sous les auspices du dragon, aussi je vais vous raconter l’histoire des dragons d’Asie.
Le Dragon  Chinois (en pinyin : long) est une créature fantastique. Un symbole puissant de pouvoir favorable dans la culture  et l'art chinois, c'est la personnification du concept du yang et associé à l'eau

Légende de l'Empereur jaune 

La légende dit que Huang Di (l’Empereur jaune) utilisa un serpent pour orner son blason. Chaque fois qu'il conquit une nouvelle tribu il ajoutait l'emblème de son ennemi au sien. Huang Di fut immortalisé en un dragon qui parait parfois sous les traits de son emblème. Ce qui explique que le dragon chinois a le corps d'un serpent ; les écailles et la queue rappelant celles de la carpe; les bois d'un cerf ; la face d'un qilin (une créature mythique genre daim habité par le feu ) ; des serres d’aigles ; et les yeux d'un démon. Ils volent dans le ciel au milieu des nuages. Presque toutes les images des dragons chinois les représentent jouant avec une perle de feu*. On suppose que c'est cette dernière qui leur donne leur pouvoir et leur permet de monter au paradis.

Les pattes du dragon asiatique sont munies d'un nombre déterminé de griffes. Ce nombre, de 3 à 5, est un indicateur du "rang" que le dragon occupe chez ses semblables. En effet, le dragon à 5 griffes, est considéré comme le plus puissant. Seul l'Empereur de Chine pouvait utiliser cet emblème, ainsi que sa famille. C'est pourquoi tout élément de vêtement, de mobilier ou d'architecture frappé du dragon à 5 griffes était attribué à la famille impériale et respecté comme tel. Les grands nobles et mandarins purent utiliser à leur tour cet emblème en fonction de relation avec le pouvoir.
Aussi, comme les Chinois considèrent Huang Di comme leur ancêtre, ils se considèrent quelquefois comme “les descendants des dragons”.

Légende de la carpe 

Une autre légende dit que les carpes capable de sauter au-dessus de la porte de dragon , deviendront des dragons. Plusieurs chutes d'eau et cascades en Chine sont considérées comme  des portes de dragon. Cette légende est une allégorie de la conduite et des efforts qui permettent de surmonter des obstacles.

Zodiaque Chinois 
Le dragon est l'un des 12 animaux du zodiaque chinois qui sont utilisés pour désigné l'année dans le calendrier chinois. Il est supposé que chaque animal est associé avec certains traits de la personnalité. (vous pouvez trouver tout un tas de références à ce sujet sur le web)
 
Symbole et couleur de l'empereur

En Chine, La couleur des dragons est importante et détermine à la fois leur habitat , leurs pouvoirs et leur rang.

Ainsi la couleur jaune est dévolue à l'Empereur de Chine, ici Taï Tsung de la dynastie des Tang (626-649). Elle indique le summum de la puissance et la divinité. Seul l'empereur peut régénérer l'ordre cosmique et social, et le dragon est son intermédiaire avec le ciel, les immortels. Cette qualité quasi-divine donnée à la couleur jaune vient peut-être de la légende qui relate qu'un dragon jaune est sorti de l'eau pour s'incliner devant Fu Hsi, l'empereur légendaire, et qu'il lui a remis la connaissance de l'écriture.
La couleur verte du dragon indique l'est, la montée du yang, le renouveau de la végétation. Chez les Song il est le foie.
Le roi des dragons des eaux de l'est, du nord, du sud et de l'ouest se nomme Chien Tang, sa couleur est rouge-sang et il mesure 900 pieds de long. Le sang des dragons a les couleurs primordiales du ciel et de la terre: noir et jaune.
Le dragon fut un symbole pour l'empereur dans plusieurs dynasties chinoises. Pendant la fin de la dynastie Qing le dragon fut même adopté comme le drapeau national. C'était une infraction punie de mort pour les manants que de porter des vêtements avec le symbole du dragon.
Le dragon est la manifestation de la puissance impériale, emblème de l'Empereur et symbole des fonctions royales. Il représente l'Empereur, tandis que le Phénix est symbole de l'impératrice.
Maître des éléments 
Les dragons gouvernent les eaux. Leur pouvoir conjure la sécheresse en amenant la pluie (grâce à l'éclat de la perle sacrée dont ils sont les gardiens). Ils peuvent se montrer en tornades ou en typhons. Gardiens des eaux, ils sont plutôt bienfaisants, mais ils peuvent être maladroits, se tromper de tâche, s'endormir, voire s'enivrer, et c'est alors la catastrophe : le fleuve déborde, la tempête ravage les côtes, ou bien, au contraire, les sources tarissent, la sécheresse menace. Il faut alors les rappeler à l'ordre, ou même les punir : si la pluie tarde trop malgré les prières, on sort la statue du dragon hors de son temple pour l'exposer au grand soleil, car les dragons n'aiment pas trop le soleil…
De nombreux dragons hantent le ciel de la Chine. Certains poursuivent inlassablement le Soleil et la Lune, provoquant les éclipses. (Il est intéressant de noter qu'astronomiquement, la tête et la queue de la constellation du dragon sont les nœuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses). Un grand dragon de feu conditionne de ses humeurs la vie : il ouvre les yeux et c'est le jour, il les ferme et c'est la nuit. Son souffle provoque les tempêtes. Le tonnerre est une manifestation de sa colère, ou de ses combats avec d'autres dragons.

Ils jouent également un rôle essentiel dans l'agriculture et représentent le cycle de la végétation, figurés par l'hexagramme K'ien, principe du ciel et de la création, dont les 6 traits pleins représentent les 6 étapes de la manifestation de la vie végétale : 
•    La première est le " dragon invisible", à l'image de la semence enterrée, le pouvoir de la création non encore exprimée.
•    La deuxième est le "dragon des champs", à l'image du germe qui croît, mais n'est pas encore visible.
•    La troisième se nomme "dragon visible", et symbolise le germe apparaissant hors de terre.
•    La quatrième est le "dragon bondissant" : la plante croît et donne ses fruits.
•    La cinquième est dite "dragon volant", à l'image des graines et pollen qui essaiment.
•    La sixième enfin est le "dragon planant", c'est l'esprit qui ordonne le tout, le roi dragon céleste.

On retrouve cette association du dragon avec l'élément eau et le cycle végétal dans le festival des bateaux dragons, qui se déroule sur les lacs et cours d'eau de certaines provinces chinoises en souvenir du suicide en 290 avant J.-C. du poète Qu Yuan, désespéré de ce que ses talents ne soient pas reconnus par le roi. Cette cérémonie-souvenir est également liée au temps du repiquage des pousses vertes du riz, qui a lieu à la même époque, après les grandes pluies de printemps.
 
Quelques variétés de dragons du panthéon Chinois
•    Tian Long, le dragon céleste (Il symbolise l'élévation vers un état supérieur.)
•    Shen Long, le dragon spirituel (fait tomber la pluie et fertilise de ce fait la terre. C'était aussi le symbole impérial.)
•    Fu Long, le dragon des trésors cachés
•    Di Long, le dragon souterrain (Il est le maître des sources et des cours d'eau qu'il dirige à son gré).
•    Ying Long , le dragon ailé
•    Qiu Long , le dragon cornu
•    Pan Long , le dragon enroulé : habite les eaux de l’Est
•    Huang Long , le dragon jaune, qui émergea de la rivière Luo pour montrer aux hommes les éléments de l'écriture des huit trigrammes du système divinatoire connu sous le nom de Yi king.
•    Long Wang , rois dragons, les souverains des quatre mers entourant la Terre du centre
Le nombre neuf 
Le nombre neuf est considéré chanceux en Chine et les dragons chinois y sont souvent associés. Par exemple un dragon chinois est normalement décrit en termes de neuf attributs :
une tête comme un chameau, des cornes comme un cerf,
des yeux comme un lièvre, des oreilles comme un taureau,
un cou comme l'iguane, un ventre comme une grenouille,
un barbillon comme une carpe, des pattes comme un tigre,
et des serres comme un aigle.

Les neuf fils du dragon 

Une légende chinoise raconte que “ le dragon a neuf fils, mais chacun d’eux a une apparence, des talents et aptitudes différentes ».

L’aîné, Qiuniu est passionné de musique, son effigie peut être vue sur de nombreux instruments traditionnels de musique
Ya Zi est le second fils, il a mauvais caractère, est enclin à la bagarre. Ainsi, apparaît –il souvent sur les anciennes armes. On peut le voir sur la garde des épées, des poignards et les lances. Il paraît que son effigie  peut donner du pouvoir aux armes qui la porte.
Chao Feng est le troisième fils. Il est intrépide, aime prendre des risques et surveiller depuis des endroits élevés. Aussi, décore t-il les coins des toits dans la Chine ancienne.
Pu Lao est le quatrième fils. Qui aime à rugir bruyamment. Aussi, retrouve t-on son effigie sur les heurtoirs  et cloches de portes. Il vit près de la mer et, bien qu’il soit un fils du dragon, il a peur des baleines. Quand les baleines attaques, il a peur de rugir, même doucement !
Suan Ni est le cinquième fils, passionné de feu et de fumée. Il a l’apparence d’un lion. Son effigie peut être vue sur les pieds des encensoirs. Il est aussi utilisé comme gardien devant les portes d’entrée principale.
Baxia (ou Bixi) est le sixième fils qui a une grande capacité et aime porter les choses lourdes. Son aspect est semblable à la tortue. Aussi est –il utilisé pour porter les tablettes avec des inscriptions. En Chine, de nombreuses stèles sont portées par Baxia.
Bi An est le septième fils. L’aspect de Bi An s’apparente au tigre. Il est sage et peut dire qui est bon ou mauvais aussi, son effigie se retrouve dans les décorations des prisons et des cours de justice
Fuxi est le huitième fils qui aime la littérature. Son effigie est gravée sur les cotés des tablettes portant des inscriptions.
Chi We,  le neuvième fils aime avaler tout ce qu’il trouve. Il est paraît-il chargé de faire tomber la pluie. Ainsi est-il appelé " la bête avale corniche ", sa représentation a pour but de protéger les palais contre les incendies.

Alors attention, qui vole un 9… 
   

Le premier dragon chinois
Le plus ancien objet archéologique représentant un dragon a été découvert en 2005 dans une tombe nobiliaire de la zone palatiale de Erlitou dans la province du Henan, site supposé de la capitale des Xia. Son âge a été estimé à 3700 ans ; il est composé de quelque 2000 pièces de turquoise. D'autres objets anciens en forme de dragon ont été retrouvés sur le territoire actuel de la Chine populaire, mais dans des régions excentrées.


Une représentation traditionnelle du dragon dans le Tao est celle à la perle sacrée, qu'il tient dans la bouche, sous le menton ou entre les griffes. La perle sacrée est gardée par le dragon dans un palais situé au fond des mers. Cette perle symbolise la création, renferme la sagesse et la connaissance et le dragon qui la tient signifie l'énergie cosmique et le mouvement. Elle passe également pour exaucer tous les désirs, c'est pour cette raison qu'elle est sévèrement défendue.
Les années sous le signe du dragon sont considérées en Asie comme propices aux affaires, à la réalisation personnelle. En général ce signe est bénéfique, il chasse les esprits malins.
Au Viêt-Nam, la nouvelle année débute toujours avec la danse de la licorne, qui est en fait un immense dragon de toile colorée ou peinte, agité par plusieurs porteurs cachés sous lui. Si le dragon vient à passer dans une demeure ou un commerce, c'est de la prospérité, de la chance, assurées pour l'année à venir.
Au japon, à Asakusa, le dragon est fêté au mois de mai, et l'on sort à cette occasion son effigie mue par des porteurs. Là encore, le dragon symbolise le renouveau.


© Philippe Juge
Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

Philippe Juge
est professeur de Taijiquan ( Taïchi ) et de Qigong.
Diplômé de l’école Jing wu xué yuan France.
Il anime des cours et des stages de Taijiquan et de Qigong régulièrement en Haute Normandie et en région Rhone-Alpes, et des stages en direction d’artistes ( stage AFDAS). «  Techniques énergétiques chinoises au service de la mise en scène occidentale » à Lyon, avec la Cie du Gai Savoir. Il Intervient également dans le milieu de la santé

Le contacter
Tél : 06.09.65.09.65   
Email : philippe.juge@club-internet.fr
Blog : http://tiantanglong.over-blog.com


 

 

Retrouvez-nous sur :
facebook twitter